Si l’on en croit une étude effectuée auprès de 146 producteurs laitiers par l’Institut flamand de recherche pour l’Agriculture, la Pêche et l’Alimentation (ILVO) et le syndicat des agriculteurs Boerenbond, la production laitière de la Flandre est plus respectueuse du climat que dans d'autres pays européens. L’institut et le Boerenbond ont effectué un scanner climatique de chaque exploitation laitière pour pouvoir en calculer l’empreinte écologique. Dans le but de donner ensuite des conseils aux agriculteurs pour améliorer encore leur score.
La production laitière en Flandre serait l’une des plus vertes au monde
Selon l'étude publiée ce mardi - et baptisée KLIMREK -, la production d'un litre de lait s'accompagne en moyenne de l'émission de 0,99 kilogramme de CO2-équivalents, ce qui est moins que des pays laitiers comme le Danemark (1,06 kg), l'Irlande (1,13 kg) et les Pays-Bas (1,17 kg). Les exploitations étudiées ont été mesurées en fonction de divers facteurs et leur empreinte écologique totale sur une année complète a été estimée.
La méthode de calcul étant différente dans chaque pays, il est difficile d’affirmer avec certitude que la Flandre est l’un des meilleurs élèves de la classe. Mais il est évident que l’impact climatique des entreprises agricoles flamandes lors de la production de lait se situe en-dessous de la moyenne.
Une production laitière efficace
A la grande surprise des certains éleveurs, la consommation d’électricité et de diesel a moins d’impact sur l’empreinte écologique de leur entreprise que les émissions de gaz à effet de serre. Les élevages analysés recevront encore des conseils pour poursuivre leurs efforts visant justement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Quels sont alors les facteurs qui font que les entreprises laitières de Flandre se révèlent être plus vertes que la moyenne de leurs collègues au niveau international ? "En Flandre nous produisons du lait de façon très efficace", expliquait à VRT NWS la coordinatrice du projet Veerle Van Linden. "Comparé à d’autres pays, la Flandre possède un petit cheptel mais les vaches laitières produisent beaucoup de lait. Cela s’explique par un bon choix de la race de vaches, une alimentation de qualité et une bonne connaissance du métier".
Les agriculteurs flamands auraient ainsi une bonne connaissance de la gestion des pâturages, et leurs terres sont très fertiles. Ce qui signifie qu’ils doivent investir moins pour avoir une production supérieure à celle de leurs paires. Le fait qu’ils travaillent avec des fermenteurs pour traiter le lisier leur permet également de réduire leur empreinte écologique.
Encore des améliorations possibles ?
L’étude ayant pour la première fois calculé l’impact climatique de chaque entreprise laitière individuellement, ces dernières pourront aussi recevoir des conseils individualisés sur la manière de rendre leur production encore plus durable. "C’est merveilleux d’avoir maintenant un outil grâce auquel chaque production laitière peut voir quelle est son empreinte écologique. Elle peut voir aussi quelles sont les plus grandes sources de production de gaz à effet de serre dans l’entreprise et comment faire baisser cette production. Un scanner sur mesure a beaucoup de sens", souligne Veerle Van Linden.
Quels aspects doivent encore être améliorés ? "Plus la production sera efficace, plus verte sera l’empreinte écologique. Il faut améliorer la composition de l’alimentation des vaches laitières pour réduire les émissions de méthane", précisait Van Linden. Il existe par exemple des suppléments alimentaires qui réduisent la production de méthane. D’autre part, il est conseillé de remplacer le soja venant de l’étranger par des sources de protéines locales pour réduire l’impact sur le climat.
"Si on étend moins d’engrais sur les terres herbeuses et les champs de maïs, cela améliore également la situation écologique. La production d’engrais a un grand impact sur l’empreinte écologique. Semer du trèfle herbacé plutôt que de l’herbe présente aussi des avantages. Et puis les éleveurs peuvent économiser en électricité. C’est toujours utile, bien que cela ait un impact limité sur l’ensemble de l’empreinte écologique", concluait Veerle Van Linden.


