Nommé fin juin dernier par le Pape François, le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles Luc Terlinden (54 ans, photo) a été consacré évêque ce dimanche à Malines. Il devient ainsi le nouveau chef de l'Église catholique en Belgique, alors que son prédécesseur le cardinal Jozef De Kesel prend sa retraite à l’âge de 75 ans. Une mission presque impossible attend le nouvel archevêque : faire d’une Eglise en déclin une institution saine.
Le chanoine Luc Terlinden a été consacré archevêque de Malines-Bruxelles
C'est la première fois depuis le cardinal Jozef Van Roey en 1926 qu'un prêtre qui n'était pas encore évêque est nommé archevêque par le Pape. De nombreuses personnalités, dont le roi Philippe et la reine Mathilde et la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden, ont assisté à la consécration qui s'est tenue à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines. Une centaine de prêtres et les évêques et évêques auxiliaires belges étaient également présents, tout comme des responsables des autres cultes reconnus en Belgique.
Au cours de la cérémonie qui a duré deux heures et demies, Luc Terlinden a reçu l'imposition des mains de tous les évêques présents et a ensuite été oint par le cardinal De Kesel, son prédécesseur qui part à la retraite. Il a également reçu quatre insignes épiscopaux : un anneau épiscopal, une mitre, une crosse et un pallium, cette bande d'étoffe de laine blanche dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats et aux archevêques.
Luc Terlinden, qui est âgé de 54 ans et a grandi à Bruxelles, a ensuite pris la relève de Jozef De Kesel et a dirigé l'office eucharistique. "Je tiens également à remercier mes prédécesseurs qui, chacun avec son charisme, ont été de véritables bergers. Je pense en particulier au cardinal Godfried Danneels, qui s'est engagé avec passion pour Dieu et pour les hommes, et qui reste un exemple pour moi", a notamment déclaré l’archevêque dans son mot de remerciement.
"Mais bien sûr, j'exprime aussi ma gratitude au cardinal Joseph De Kesel. Sa confiance et son amitié ne se sont jamais démenties, surtout ces deux dernières années. Il nous ouvre de nouvelles voies: celle d'une Église plus humble, mais non moins fidèle à l'Évangile, appelée à être un signe de l'amour de Dieu pour tous nos frères et sœurs au milieu du monde. Ce sont ces convictions qui me tiennent tant à cœur aujourd'hui et que je veux approfondir, avec vous, pour annoncer l'Évangile de façon toujours plus vraie", a ajouté le nouvel archevêque.
Une tâche très difficile
Avec l’ordination d’un chanoine de presque 55 ans comme primat de l’Eglise catholique de Belgique, le Vatican a clairement opté pour un changement axé sur l’avenir, pour un archevêque qui a encore de nombreuses années pour mener à bien sa mission. Dans une Europe sécularisée, où le nombre de croyants (du moins ceux qui pratiquent) est en constante régression, la tâche est ardue. Selon le journaliste Peter Decroubele (VRT), Luc Terlinden est réellement imprégné de sa mission et très conscient de la responsabilité qui pèse sur ses épaules.
Après l’affaire de l’évêque Roger Vangheluwe (qui a démissionné en 2010 après avoir reconnu avoir abusé sexuellement d’un adolescent dans les années 1980), l’image de l’Eglise catholique est ternie en Belgique. Luc Terlinden a choisi la voie d’une Eglise de la simplicité et l’humilité, qui veut parler vrai avec les croyants dans toutes leurs diversités, pour tenter de réinstaurer la confiance. Une Eglise qui descend de sa tour d’ivoire et qui reconnait ses erreurs et les scandales d’abus sexuels.
Luc Terlinden est un vrai disciple du Pape François (photo). Il veut être "sur le terrain", proche des croyants, collaborer avec les paroisses. Il a choisi comme devise épiscopale "Fratelli tutti" (‘Tous frères’, Mt 23,8). "Dans l’Evangile, Jésus nous apprend que nous n’avons qu’un seul maître et que nous sommes tous frères. L’évêque ne remplace pas le maître, mais il est parmi ses frères et sœurs au service de la communauté. Le pape François nous a rappelé dans son encyclique Fratelli tutti la dimension sociale et universelle de la fraternité", expliquait Terlinden en juin dernier.
Le nouvel archevêque et primat de Belgique devra tenter de ramener les croyants à la messe, redorer l’image de l’Eglise et de la foi, trouver une bonne relation avec les médias aussi, comme y était parvenu son prédécesseur Jozef De Kesel. Il s’agit presque d’une mission impossible. Mais d’après les anciens collaborateurs de Luc Terlinden, il serait "la meilleure personne au bon endroit". Sur son parcours, il aura cependant besoin d’une grande fraternité.



