À la demande de la Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Nicole de Moor, l'association flamande défendant les droits des demandeurs d'asile, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, s'était mise en quête de trouver 300 places d'accueil supplémentaires pour le mois de septembre. Mais depuis la décision de la Secrétaire d’Etat de suspendre temporairement l'accueil des hommes seuls demandeurs d'asile, l’association refuse de coopérer davantage, rapportent ce jeudi plusieurs quotidiens flamands. De son côté, la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt, met en garde contre l’apparition de nouveaux campements de réfugiés dans la capitale.
Vluchtelingenwerk Vlaanderen ne veut plus aider Nicole de Moor à chercher des places d'accueil
La Secrétaire d'État à l’Asile et la Migration a demandé, mercredi dernier, par l'intermédiaire de l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile Fedasil, à l’association Vluchtelingenwerk Vlaanderen si elle pouvait offrir un hébergement d'urgence aux familles avec enfants. Bien que l'association sans but lucratif ne soit pas un partenaire de l'accueil et qu'elle ne dispose ni du budget ni de l'expertise nécessaire, elle s'est rapidement mise à la tâche.
Mardi après-midi, un abri d'urgence avait été créé pour accueillir 50 personnes. Mais, après la décision de Nicole de Moor de suspendre temporairement l'accueil des hommes seuls demandeurs d'asile, par manque de places d’accueil essentiellement, Vluchtelingenwerk Vlaanderen met fin à cette coopération.
"Les hommes sont aussi des êtres humains", souligne Tine Claus, la directrice de Vluchtelingenwerk Vlaanderen dans une lettre ouverte relayée par plusieurs journaux flamands ce jeudi. "Ce sont des maris, des pères et des frères et vous avez déclaré à plusieurs reprises que tout était mis en œuvre pour résoudre la pénurie de places d'accueil, y compris pour eux". Quelque 19.000 personnes ont déjà demandé l'asile cette année en Belgique.
De nouveaux campements de demandeurs d’asile à Bruxelles ?
De son côté, la ministre bruxelloise à la Mobilité Elke Van den Brandt (photo) redoute que de nouveaux campements fassent leur apparition dans la capitale après la décision de la Secrétaire d'État à l'Asile de ne plus offrir de place d'accueil aux hommes seuls demandeurs d'asile. Nicole de Moor a justifié sa décision par la nécessité de prévoir des places suffisantes pour les familles avec enfants, dont le nombre est en augmentation.
"Cette politique va créer de nouveaux campements. Personne ne veut voir des enfants en rue mais ces hommes ne disparaissent pas pour autant. Ils doivent attendre d'être accueillis et, en attendant, on leur dit: allez dans la rue. Cela crée des problèmes", déclarait Van den Brandt au micro de Radio 1 (VRT). Selon les estimations de Nicole de Moor, quelque 2.000 hommes seuls se trouvent sur une liste d'attente.
"Ce groupe s'ajoute aux personnes en séjour illégal. A Bruxelles, il s'agit de 80.000 à 100.000 personnes. Ils vivent ici, dans notre réseau urbain, mais on nie complètement leur existence", a ajouté la ministre bruxelloise. Les écologistes réclament la mise en œuvre d'un plan de répartition des demandeurs d’asile entre les communes de Belgique, une solution refusée jusqu'à présent par la Secrétaire d’Etat. Une revendication répétée par Elke Van den Brandt selon qui, si chaque commune accueillait cinq personnes, il n'y aurait plus de demandeur d'asile dormant dans les rues.
Des points de contacts devraient également être installés en Flandre et en Wallonie, estime la ministre bruxelloise, "car aujourd'hui tout le monde vient à Bruxelles". Un soutien supplémentaire est nécessaire dans la capitale. "Car on dit que ces hommes peuvent être pris en charge dans le réseau d'accueil des sans-abris mais celui-ci est totalement submergé". La mesure prise par Nicole de Moor a été dénoncée aussi bien dans les rangs socialistes qu'écologistes. Le point sera inscrit à l'ordre du jour du Comité ministériel restreint de vendredi, le premier de la rentrée politique.

