Le Conseil d'État a suspendu ce lundi, en extrême urgence, la décision du collège communal d'Ypres (Flandre occidentale) interdisant à l'association organisatrice de la Veillée de l'Yser (IJzerwake) la tenue d'une "soirée de camaraderie" samedi 27 août, à la veille du rassemblement annuel de cette dissidence radicale du pèlerinage de l'Yser. En cause, d’après la bourgmestre d’Ypres Emmily Talpe, le manque de clarté sur le contenu de cette soirée. L'organisation IJzerwake a contesté ce refus devant le Conseil d'État, et obtenu gain de cause ce lundi.
Le Conseil d'État autorise la "soirée de camaraderie" de la Veillée de l’Yser
Rassemblement de l'extrême droite flamande et du nationalisme radical, la Veillée de l'Yser a bien été autorisée le 27 août prochain, moyennant la signature il y a quelques jours d'une "charte de la paix" imposée par les autorités communales d’Ypres. Cette Veillée est particulièrement controversée cette année en raison de l'invitation, au titre d'orateur, de l'ex-député Vlaams Belang Dries Van Langenhove, fondateur du mouvement de jeunesse extrémiste Schild & Vrienden, et qui est poursuivi en justice pour racisme et négationnisme.
La veille de cet événement, les organisateurs ont programmé une "soirée de camaraderie", qui consisterait en des chants et serait clôturée par l'animation d'un DJ. Les autorités yproises l'avaient interdite par manque de clarté sur son contenu. L'IJzerwake avait contesté ce refus devant le Conseil d'État. Ce lundi, la haute juridiction administrative a considéré qu'il ne semblait exister aucun motif légitime de déclarer tardive la demande, introduite le 16 juin dernier.
Le Conseil d'État juge, en outre, que les autres motifs invoqués dans la décision attaquée ne constituent pas, à première vue, des motifs pertinents et établis à suffisance, susceptibles de justifier le refus de la demande.
La Ville d'Ypres n'a pas caché ses préoccupations à l'annonce de l'arrêt. "Cette décision signifie que nous devons retirer notre refus préalable et que l'autorisation doit être octroyée. La préoccupation demeure et nous continuons de demander le respect de la charte de la paix. Ypres est 'la' cité de la Paix par excellence, et nous y veillerons aussi", commentait la Ville. La bourgmestre Emmily Talpe annonce que la présence policière nécessaire à cette surveillance sera prévue pendant la "soirée de la camaraderie".


