Les habitants de la commune brabançonne flamande de Neerlanden (photo), rattachée à Landen, n’en ont pas cru leurs yeux lorsqu’ils ont vu des dizaines de cigognes se poser dans leurs champs et leurs rues, ce mercredi. Les grands oiseaux ont fait une pause pour reprendre des forces, avant de poursuivre leur migration vers les températures plus chaudes du sud.
C’est avant tout entre Landen et Linter (Brabant flamand) que de très nombreuses cigognes pouvaient encore être aperçues ce jeudi matin. "Il reste 55 cigognes ici, mais plus d’une centaine d’entre elles ont passé la nuit dernière sur le toit de l’église de Neerlanden", expliquait à Radio 2 Philippe Smets de l’association brabançonne d’ornithologie Vogelwerkgroep Oost-Brabant.
"C’est fantastique parce qu’il y a 40 ans la cigogne était encore un oiseau reproducteur rare. Il ne restait des centres d’élevage qu’au parc animalier de Planckendael et à la réserve naturelle du Zwin. Entretemps, la population de cigognes a grandi. Aux Pays-Bas, il y a quelque 1.700 couples nicheurs et en Belgique environ 250", précisait Philippe Smets.
Des oiseaux de passage
Les cigognes ne sont pas restées très longtemps à Landen. "Elles ont poursuivi leur vol vers le sud. La plupart des cigognes hivernent en France et en Espagne, mais ils y en a aussi qui traversent le Détroit de Gibraltar pour voler jusqu’en Afrique", précisait Philippe Smets.
"Les cigognes qui se sont arrêtées à Landen provenaient vraisemblablement des Pays-Bas. Ce sont de grands oiseaux qui sont trop lourds que pour voler de leurs ailes toute la journée. Elles peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres en une journée, mais elles le font avant tout en planant et en utilisant des bulles d’air chaud qui montent".
Avant de reprendre leur vol, les cigognes ont repris des forces à Landen. "Elles mangent des criquets, des coléoptères, des escargots et des vers, et de temps en temps une petite souris. Elles peuvent se reposer dans les champs. Les cigognes voyagent volontiers en groupe. Les plus jeunes oiseaux suivent les ainés et apprennent ainsi à connaître le chemin vers le sud", concluait Philippe Smets.
Une vague de naissances ?
Les dizaines de cigognes formaient un magnifique tableau à admirer pour les amoureux de la nature. "Sur l’un des champs, nous avons vu de très nombreux grands oiseaux. Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait de hérons", expliquait Els à Radio 2. "Mais vers la soirée, ils étaient dans toute notre rue, sur tous les toits et les lampadaires".
"Après une heure, les cigognes sont reparties. Tous les voisins sont sortis de chez eux. Cela n’arrive pratiquement plus jamais. Il y avait beaucoup de gens du quartier que je n’avais plus vus depuis longtemps. Je les ai revus grâce aux cigognes. Ils ont dit en riant que le quartier allait voir beaucoup de naissances de bébés".
Pour rappel, une légende probablement alsacienne, mais qui s’est propagée jusqu’à nos contrées au début du 20e siècle, raconte que la cigogne - symbole de la naissance et du renouveau - , apporte les nouveau-nés à leurs futurs parents.


