Deux ans après la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, de nombreuses personnes attendent toujours un visa humanitaire pour venir dans notre pays. Le Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11) a connaissance de "plusieurs dizaines de cas". "Plus d'un an d'attente, c'est trop long pour laisser les gens dans l'incertitude. Nous préconisons de raccourcir ce délai à trois mois maximum", a déclaré Flor Didden, experte en migration auprès du CNCD-11.11.11 à Radio Een lundi matin.
Des dizaines de personnes dans l'attente d'un visa humanitaire pour la Belgique en Afghanistan
Lorsque Kaboul est tombée aux mains des talibans il y a deux ans, la Belgique a dressé une liste d'évacuation de quelque 580 personnes en danger. Elles ont pu entrer dans notre pays grâce à un visa humanitaire. La mission d'évacuation est terminée, mais le CNCD-11.11.11 a connaissance de "dizaines de nouveaux dossiers de personnes répondant aux conditions d'obtention d'un visa humanitaire". Il s'agit notamment de personnes qui ont travaillé pour une organisation belge ou qui ont fait du travail humanitaire en Afghanistan.
La coupole regroupant 70 ONG belges dénonce la longueur et la difficulté de la procédure. Par exemple, le visa doit être demandé auprès d'une ambassade belge, mais il n'y en a plus en Afghanistan. "Ils doivent donc se rendre dans les pays voisins, comme l'Iran ou le Pakistan, mais ils y reçoivent souvent des informations contradictoires ou sont renvoyés d'un poste à l'autre. Ils doivent souvent attendre longtemps, parfois plus d'un an, avant d'obtenir des réponses. Par conséquent, il y a un risque d'être renvoyé en Afghanistan", a expliqué Flor Didden.
Le coût de la demande de visa, qui peut atteindre mille euros pour une famille avec deux enfants, est jugé prohibitif. "Et il ne s'agit que de frais administratifs, pas de frais de voyage ou de séjour. Nous demandons donc que ce coût soit réduit, afin que les gens aient une possibilité réaliste d'introduire une demande", a insisté Flor Didden.
"Les choses sont plus difficiles depuis que la Belgique n'a plus d'ambassade à Kaboul"
La secrétaire d'Etat à l'asile et à la migration, Nicole de Moor, souligne que de nombreux visas humanitaires sont encore délivrés. "Ils sont destinés aux profils les plus vulnérables, aux personnes menacées, par exemple, en raison de leurs activités politiques dans le pays. Il est également très difficile de donner la priorité à certains cas", a-t-elle indiqué.
Selon la secrétaire d'Etat, il existe des obstacles pratiques expliquant ce délai. "La qualité des demandes se dégrade, elles sont souvent mal documentées et contiennent peu de pièces justificatives, ce qui demande beaucoup de travail à nos services pour les traiter", a précisé Mme de Moor.
Elle reconnaît que les choses sont plus difficiles depuis que la Belgique n'a plus d'ambassade à Kaboul, ce qui signifie que les personnes doivent souvent se rendre dans les pays voisins pour introduire leur demande de visa car "on ne peut vraiment pas faire une telle demande par e-mail, il faut toujours la remettre physiquement", a-t-elle conclu.
