Environ 90 ressortissants belges et ayants droits - à savoir des membres de la famille de Belges ou réfugiés reconnus - ont déjà été évacués du Niger, ce pays d'Afrique de l'Ouest où un coup d'État militaire a eu lieu la semaine dernière. Depuis lors, le Niger est sous haute tension. Les Européens qui le souhaitent sont évacués.
En début de semaine, la France a commencé à évacuer ses ressortissants. Paris était prête à associer d'autres Européens à l'opération. Jeudi après-midi, quelque 70 Belges et leurs proches ont ainsi pu rentrer. Vendredi également, un avion a atterri à Madrid avec 74 personnes à bord, dont des Belges.
"À ce jour, environ 90 Belges et ayants droit ont été évacués du Niger. Cela s'est fait avec des avions français et un avion américain via Paris et un avion espagnol via Madrid", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un nouveau bilan communiqué samedi après-midi. Les Affaires étrangères soulignent que les chiffres concernant le nombre de Belges au Niger changent constamment.
L'ambassade de Belgique reste en contact avec eux. Les Affaires étrangères indiquent encore que l'avis de voyage pour le Niger sur le site du service public fédéral a été mis à jour vendredi. "Tout voyage est désormais déconseillé et les Belges séjournant au Niger sont invités à vérifier si leur présence est nécessaire. Si ce n'est pas le cas, ils doivent profiter de la prochaine occasion pour quitter le pays", a déclaré le porte-parole Nicolas Fierens Gevaert.
Le Niger a fermé son espace aérien
Entretemps, le Niger a annoncé dimanche la fermeture de son espace aérien "face à la menace d'intervention qui se précise à partir des pays voisins", annonçaient les militaires ayant pris le pouvoir à Niamey.
"L'espace aérien nigérien est fermé à compter de ce dimanche (...) jusqu'à nouvel ordre", indiquait le communiqué, qui précisait que "toute tentative de violation de l'espace aérien" entraînera "une riposte énergique et instantanée".
Doel et Tihange peuvent tourner sans uranium nigérien
Le Niger était encore le premier fournisseur d'uranium en Europe l'an dernier. Il ne jouerait toutefois "pas de rôle significatif" dans l'approvisionnement des centrales belges, selon le cabinet de la ministre de l'Energie, cité dans le quotidien Le Soir ce lundi.
"Par le passé, le Niger n'a pas joué de rôle ou pas de rôle significatif dans l'approvisionnement en uranium des centrales belges. Synatom s'approvisionne essentiellement en Australie, aux Etats-Unis, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Namibie et via des traders ", commentait le cabinet de la ministre fédérale de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). Synatom, filiale d'Engie-Electrabel, gère l'achat du combustible nucléaire de Doel et Tihange. La société "achète de l'uranium naturel auprès de différents producteurs", explique Nele Scheerlinck, porte-parole de l'exploitant du parc nucléaire belge. "Elle passe ensuite des contrats avec des entreprises spécialisées pour sa conversion et son enrichissement".
Actuellement, Synatom a suffisamment de stock "pour faire tourner les cinq réacteurs jusqu'en 2025", indiquait encore Nele Scheerlinck. "Les contrats ont été passés et les livraisons ont été faites". En ce qui concerne les réacteurs de Doel 4 et Tihange 3, Synatom dispose de stocks suffisants pour permettre l'alimentation de ces centrales lors du premier cycle de la prolongation - soit 18 mois.
"Les évènements qui se passent aujourd'hui au Niger auront probablement un impact sur le choix de nos futurs producteurs. Précisons que Synatom a fait le choix de ne pas s'adresser aux Russes pour l'approvisionnement de centrales dans le cadre de la prolongation des réacteurs", ajoute la porte-parole. L'énergéticien s'attend toutefois à ce qu'une éventuelle perturbation des exportations nigériennes d'uranium se traduise par "une hausse des prix de l'uranium naturel dans un marché qui est déjà assez tendu à cause du contexte géopolitique global".

