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Il y aura bientôt un capteur de pollution des émissions des navires au large de la Côte belge

L'Institut royal d'aéronomie spatiale de Belgique (IASB) travaille sur un instrument permettant de surveiller les niveaux de soufre et d'azote dans les panaches des navires. Le capteur, appelé SEMPAS, devrait être opérationnel au printemps 2024. Il a été présenté à Uccle (Bruxelles) ce mercredi.

Anne François Belga
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Le transport maritime international est responsable d'environ 2,5% des émissions mondiales de polluants dues à la combustion de carburants fossiles. Quelque 200.000 navires traversent chaque année la partie belge de la mer du Nord, ce qui affecte la qualité de l'air, en particulier dans les zones côtières densément peuplées. Pour limiter la pollution atmosphérique des cargos, l'Organisation maritime internationale (OMI) a établi des règles visant à réduire les émissions de soufre, de particules fines et d'azote à zéro émission nette d'ici 2050.

Lorsqu'ils naviguent à proximité de zones peuplées, les navires doivent notamment basculer sur un carburant - beaucoup plus coûteux - qui contient moins de soufre. Les compagnies maritimes qui ne respectent pas ces règles risquent de lourdes amendes. Au cours des cinq à six dernières années, trente amendes totalisant plus d'un million d'euros ont été dressées. La conformité aux règlements est cependant difficile à contrôler. Un avion renifleur peut prélever un échantillon du panache du navire, après quoi, en cas de valeurs enregistrées suspectes, des agents peuvent prélever un échantillon de carburant à bord. L'avion ne peut néanmoins voler plus de 300 heures par an et donc la plupart des navires échappent à cette surveillance.

Port de Zeebrugge

Première mondiale

À la demande du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, qui a visité l'institut ce mercredi, l'IASB a développé un nouvel instrument. Le capteur SEMPAS (Ship Emission Monitoring by Passive Remote Sensing, soit Surveillance des émissions des navires par télédétection passive), peut se concentrer sur les panaches de fumée émis par les navires qui passent et vérifier leur composition. Frederick Tack de l'IASB a comparé ce nouvel outil à un radar routier, mais pour les navires plutôt que pour les véhicules et pour la pollution plutôt que la vitesse.

C'est une première mondiale, bien que des tests aient déjà été effectués en Suède et en Allemagne avec un système similaire, mais moins avancé. L'instrument sera en mesure de surveiller environ 18 navires par jour en fonction des conditions météorologiques. En effet, il est par exemple inefficace en cas de brouillard dense. Il fonctionne par contre la nuit, grâce à un infrarouge.

Le SEMPAS sera installé au printemps 2024 au parc éolien Mermaid (photo), au large des côtes d'Ostende, au plus près des principales routes maritimes de la mer du Nord. Si les résultats du projet pilote sont positifs, davantage de capteurs pourraient être installés en mer. Le ministre Van Quickenborne s'est montré satisfait de l'arrivée prochaine de cet instrument.

"Grâce à ce capteur, nous serons bientôt en mesure d'effectuer des vérifications 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des navires qui se rendent dans nos ports. ( .. ) Notre pays démontre une fois de plus que nous avons des entreprises novatrices et d'excellents scientifiques qui sont à l'avant-garde de la lutte contre les changements climatiques."

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