Aller au contenu principal
Photo d'archives

Des criminels échappent à la justice belge grâce à leur nouveau passeport turc

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) confirme que notre pays a cherché en vain à obtenir de la Turquie l'extradition de deux criminels de la drogue. Ces deux individus semblent avoir acquis depuis la nationalité turque en échange de quelques investissements et la Turquie a refusé de les extrader. Selon Vincent Van Quickenborne, "il s'agit de deux intermédiaires".

Eric Steffens Belga
Publié:

Les deux suspects sont recherchés par un juge d’instruction de Bruges pour leur implication dans l’un des plus gros dossiers de drogue que la Belgique ait jamais connu.

L'une des personnes impliquées est le propriétaire d'un restaurant asiatique (photo) à Wilrijk qui a été la cible d'un attentat en mars. Selon la police, il existe un lien entre cet attentat et la disparition d'une cargaison de cocaïne.

La lutte contre la mafia de la drogue n'est pas évidente", a déclaré le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) ce mardi dans l’émission "De ochtend", sur Radio 1. Il a relativisé l'échec de l'extradition des deux suspects. "Ce n'est pas parce qu'on perd une bataille qu'on perd aussi la guerre. Entre-temps, avec l’infiltration du réseau téléphonique crypté Sky ECC, plus de 800 personnes ont été condamnées".

Nous comptons sur le nouveau gouvernement turc pour faire en sorte que la Turquie ne devienne pas un port franc pour les grands criminels en fuite.

Vincent Van Quickenborne, ministre de la Justice.

En ce qui concerne la Turquie, le ministre s'attend à une amélioration. "Nous avons récemment reçu des signaux du nouveau gouvernement turc qui semble finalement changer le fusil d'épaule. Récemment, à la demande d'un autre pays européen, la Turquie a coopéré en arrêtant certains individus et en saisissant leurs avoirs criminels. Nous comptons sur le nouveau gouvernement turc pour faire en sorte que la Turquie ne devienne pas un port franc pour les grands criminels en fuite."

La police et les tribunaux craignent depuis longtemps que les grands trafiquants de drogue ne profitent de la politique du gouvernement turc consistant à accorder des passeports à ceux qui le souhaitent en échange d'investissements. Depuis le 6 janvier 2022, les étrangers qui investissent 500.000 dollars (449.000 euros) ou achètent une propriété dans le pays peuvent obtenir la nationalité turque.

Nous constatons que les failles se comblent progressivement.

Vincent Van Quickenborne.

Le ministre admet qu'un pays comme le nôtre n'a que peu de recours contre cela. "La Turquie n'est pas membre de l'Union européenne. Nous travaillons en étroite collaboration avec ce pays dans un certain nombre d'autres affaires où nous nous intéressons également à des personnes au sommet de la mafia de la drogue. Ici, il s'agit de deux intermédiaires".

"Le message est de communiquer". C'est également ce qui s'est passé avec Dubaï, où se cachent aussi toutes sortes de figures du milieu de la drogue. Avec les Émirats arabes unis, notre pays a signé un traité d'extradition fin 2021.

"Dubaï a très récemment envoyé un signal d'espoir en extradant vers notre pays une personne soupçonnée de blanchiment d'argent à grande échelle", déclare Van Quickenborne. "Cela s'est passé il y a quinze jours.

"Nous constatons que les failles se comblent progressivement", a déclaré le ministre. "C'est une bataille qu'il faut mener avec différents pays dans différents endroits du monde.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5