Le 24 juin dernier, on a enregistré un record en Flandre, pour la première fois plus de 2.000 personnes étaient sous surveillance électronique en même temps. C'est ce qu'indiquent les chiffres demandés par le député flamand Jeroen Tiebout (N-VA) à la ministre flamande de la Justice Zuhal Demir (N-VA). "Nous sommes victimes de notre propre succès".
De plus en plus de bracelets électroniques en Flandre comme alternative à la prison
Le fait que les juges et les magistrats recourent de plus en plus au bracelet électronique est une tendance qu'on constate depuis plusieurs années. Ainsi, selon les chiffres du Centre flamand de surveillance électronique, Vlaams Centrum Elektronisch Toezicht (VCET), au cours du premier semestre de cette année, on a placé plus de personnes sous surveillance électronique que durant toute l'année 2018. Ce service connecte et déconnecte les bracelets de cheville et assure le suivi et la supervision des personnes qui en ont reçu.
Certaines personnes ne portent un tel bracelet électronique que pendant une très courte période, d'autres pendant plusieurs mois. C'est la raison pour laquelle le nombre comptabilisé par jour fluctue considérablement. Actuellement, par exemple, près de 1.900 bracelets sont actifs en Flandre, mais à la fin du mois de juin, ce chiffre a culminé à plus de 2.000.
"C'est un record jusqu'à présent", confirme Jef Verlinden, chef du département VCET. "À titre d'exemple, à la fin de l'année dernière, nous enregistrions encore 1.500 bracelets de cheville par jour. C’est comme si nous avions une prison numérique, en plus, depuis le début de cette année.
Courtes peines
"Nous avons vraiment ressenti ce pic au-delà de 2.000 connexions", admet-il. "Car c'est une chaîne : chaque connexion crée plus de travail ailleurs, plus de suivis, plus d'appels téléphoniques, ..." Heureusement, Jef Verlinden a vu son service se développer fortement ces dernières années. "Nous sommes passés de 55 employés à temps plein à 92. Et l'objectif est de passer à 110. C'est la seule façon de répondre à la demande croissante.
"Nous y parvenons bien en ce moment, et c'est une grande satisfaction pour notre personnel. Mais nous sommes aussi un peu victimes de notre succès", déclare encore Jef Verlinden. En effet, ce n'est pas comme si le VCET avait son mot à dire dans le choix des personnes qui peuvent porter un bracelet électronique".
Nous constatons que l'utilisation du bracelet électronique a presque doublé pour les personnes condamnées à de courtes peines. Dans ce cas, on vide effectivement les prisons.
Jef Verlinden
"Les juges d'instruction, qui doivent décider de placer ou non des personnes en détention provisoire, sont de plus en plus nombreux à l'utiliser. Mais les tribunaux d'application des peines (qui décident si un détenu peut être libéré et dans quelles conditions, ndlr) l'utilisent également de plus en plus. En outre, nous constatons que l'utilisation du bracelet électronique a presque doublé pour les personnes condamnées à de courtes peines. Dans ce cas, on vide effectivement les prisons".
Surpopulation carcérale
La question de savoir si cette stratégie est toujours la bonne est une question que Jef Verlinden préfère laisser à la politique. Le député flamand de la N-VA Jeroen Tiebout, qui a demandé les chiffres sur les bracelets de cheville au ministre compétent Demir, s'inquiète déjà de cette augmentation.
Après tout, la surveillance électronique est considérée par beaucoup comme la solution à la surpopulation carcérale. Mais on en arrive à une situation où les auteurs de violences intrafamiliales, les trafiquants ou les proxénètes peuvent tout simplement poursuivre leurs activités depuis leur domicile. La Flandre peut alors résoudre ce problème". Jeroen Tiebout souhaite donc une restriction : "Veiller à ce que ces délinquants ne puissent pas utiliser la surveillance électronique".
Mais la vraie solution, selon Jeroen Tiebout, réside avant tout dans le gouvernement fédéral, qui doit s'attaquer au problème de la surpopulation carcérale.
"De cette manière, les juges d'instruction pourront également prononcer la peine appropriée en toute transparence et ne devront pas se sentir obligés de mettre un bracelet électronique à un condamné parce qu'il n'y a plus de place dans les prisons."
