Martine Tanghe est décédée dimanche matin à l'âge de 67 ans, des suites d’un cancer. Elle aura été pendant 42 ans l’icône de la chaîne publique flamande en présentant le journal télévisé de la VRT. Martine Tanghe avait pris sa retraite en novembre 2020. Son dernier journal télévisé avait été suivi par près de deux millions de téléspectateurs et téléspectatrices. La journaliste, bien connue en Flandre, avait été anoblie jeudi par le Roi et avait obtenu le titre de Commandeur de l'Ordre de la Couronne pour son engagement pour "l'utilisation claire et correcte" de la langue néerlandaise.
Martine Tanghe, l’ancienne présentatrice du journal télévisé de la VRT et icône de la télévision publique flamande est décédée
Martine Tanghe n'avait pas encore 23 ans lorsqu'elle a commencé à travailler pour la chaîne publique le 1er février 1978. Elle venait alors de réussir le fameux concours de journalisme. "Je n'avais même pas de téléviseur à l'époque : je n'ai commencé à en acheter qu'après avoir réussi", a raconté Martine Tanghe lors de la soirée célébrant les "50 ans de la télévision" diffusée en 2003. "J'arrivais directement de l'école, jeune et inexpérimentée dans un monde inconnu.
Martine Tanghe, née à Bellem en Flandre orientale mais a grandi à Bissegem près de Courtrai. Elle a étudié la philologie germanique à la KU Leuven et a donné des cours d'été en néerlandais avant d'entrer à ce qui était encore à l'époque la BRT.
À peine quelques mois plus tard, Martine présentait son premier journal télévisé. "Je n'étais pas du tout formée pour cela : on vous jette en pâture aux lions et ça passe ou ça ne passe pas", a-t-elle confié lors de l'émission "Morgen Maandag" en 1993. "Mon collègue Bavo Claes était assis à côté de moi par terre lors de ma première présentation du journal télévisé, afin de pouvoir intervenir rapidement si je commettais une faute. Mais cela s'est avéré inutile".
Envoyée en reportage sur le terrain
Dans les années 1970 et 1980, il n’y avait pas encore de présentateurs de JT à temps plein : les journalistes combinaient alors la présentation du journal avec du travail de reportage. Martine Tanghe réalise également des reportages en Belgique et à l'étranger. EN 1984, elle a été durement prise à partie lors d'une manifestation de l'extrême-droite à Schaerbeek.
"Cinq hommes se sont retournés contre moi et ont m’ont donné des coups de pieds et ont cassé mes lunettes. Je n'ai jamais compris pourquoi la VRT était à ce point visée à l'époque", déclare Martine en se remémorant l'incident sur la photo ci-dessous.
Tout au long de ses 42 ans de carrière, elle est devenue l'un des visages de "Het Journaal", la "mère de tous les présentateurs de journaux télévisés", comme on l'appelait familièrement au moment de son départ à la retraite. Son mot de la fin, "dank dat u bij ons was" (merci d'avoir été avec nous), est gravé dans la mémoire collective, même si personne ne semble savoir exactement quand elle l'a prononcé pour la première fois.
Je pense qu'il s'agissait d'une question de perception. J'étais une jeune femme motivée, aux longs cheveux blonds. Je m'intéressais à l'Amérique latine et j'étais fascinée par ce qui s'y passait, j'ai travaillé à Cuba et j'en ai parlé. Cela a suffi pour que certains pensent : "Ce n'est pas l'une d'entre nous". J'étais la figure de proue de tout ce à quoi ils s'opposaient".
Plus tard, Martine Tanghe sera parfois encore envoyée sur le terrain. Lors de la catastrophe ferroviaire de Pécrot, le 27 mars 2001, Martine est la reporter sur place.
Mais au cours de sa longue carrière, Martine Tanghe ne s'est pas contentée de présenter le journal télévisé. Les jours d'élection, elle a aussi été la présentatrice des soirées électorales. "Elle s'est toujours épanouie dans l'agitation imprévisible d'une telle soirée", explique l'ancienne rédactrice en chef des actualités, Inge Vrancken.
Diagnostic du cancer
Un cancer du sein a été diagnostiqué chez Martine Tanghe à la fin de l'année 2011. Elle disparaît de l'écran pendant des mois pour suivre un traitement et une rééducation. Martine vit sa maladie et sa guérison dans la discrétion et dans son cercle familial. Même lorsqu'elle réapparaît à l’écran début septembre 2012, elle ne parle pas beaucoup de ce retour.
Icône de la langue néerlandaise
Quand on pense à Martine Tanghe, on pense immédiatement aussi à son langage impeccable. Un langage standard soigné qui aura été le fil conducteur de sa carrière. "En tant que présentatrice, on se rend chez les gens à l'improviste. C'est un signe de respect, non seulement d'avoir l'air soigné, mais aussi de prendre soin de son langage", dit-elle à ce sujet dans "Morgen Maandag".
Pour cet usage de la langue, Tanghe a reçu le prix Groenman de la langue en 1995. Ce prix est décerné tous les deux ans à une personnalité des médias des Pays-Bas ou de Flandre pour son utilisation judicieuse et créative de la langue. Jusqu'à présent, elle est la seule femme à avoir reçu ce prix.
Sa passion pour la langue néerlandaise s'est traduit également par son engagement dans la "Groot Dictee der Nederlandse Taal". À partir de 2005, elle lira la dictée pendant près de dix ans d'affilée. Elle l'a fait en duo avec son collègue journaliste néerlandais Philip Freriks.
Un côté maternel
Tout au long de ses 42 ans de carrière, elle est devenue l'un des visages de "Het Journaal", la "mère de tous les présentateurs de journaux télévisés", comme on l'appelait familièrement au moment de son départ à la retraite. Son mot de la fin, "dank dat u bij ons was" (merci d'avoir été avec nous), est gravé dans la mémoire collective, en Flandre, même si personne ne semble savoir exactement quand elle l'a prononcé pour la première fois.
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L’annonce du décès de Martine Tanghe a touché de nombreuses personnes. Vous pouvez laisser un message personnel sur le site de la VRT. Vous pouvez également envoyer un e-mail à bedanktmartine@vrt.be



