Depuis le 15 juillet et jusqu’au 17 septembre, la galerie d'art Lauren Van Middelem, située sur la digue de Knokke-Heist, expose des œuvres de Marc Van Ranst. Il s'agit d'œuvres abstraites numériques créées à partir de photographies sous le titre de "Metamorphosis".
Marc Van Ranst, virologue et artiste dévoile ses œuvres pour la première fois à Knokke
Depuis la pandémie de Covid, tout le monde connait Marc Van Ranst comme virologue à la KU Leuven, mais ce dernier dévoile à présent une autre facette de sa personnalité, celle d’artiste numérique : "c’est aussi créatif que la science" a-t-il confié à VRT NWS.
"J'ai commencé il y a dix ans, mais uniquement avec de la photographie. Je n'en ai jamais fait grand-chose jusqu'à ce que mon fils me dise, il y a un an, que je devrais poster mon travail sur les réseaux sociaux. Or chaque fois que je tweete quelqeu chose, je reçois des messages de haine. J'ai tout de même essayé et les commentaires étaient plutôt modérés. J'ai donc continué à le faire".
"J'ai grandi avec l'art et j'ai toujours vu de l'art et ce grâce à mes parents et mes grands-parents. Du côté de ma mère, mes arrière-grands-parents étaient concierge à l'académie de Termonde. Et avec le Davidsfonds, j'ai été trimbalé de musée en musée. Mon père est également un bon peintre et dessinateur. C'est ainsi que mon goût pour l'art s'est développé, c'est plus facile quand on y est sensibilisé".
Ci-dessous quelques oeuvres de Marc Van Ranst exposées à Knokke :
L'exposition "Metamorphosis" dans la galerie à Knokke présente l'art numérique de Marc Van Ranst, sa principale forme d'expression. "Mais je fais aussi des travaux dans la matière, comme la technique de l'empâtement. Je continue de faire des expériences dans ce domaine. Dans mon atelier à Herent, des œuvres numériques sont accrochées, mais il y a aussi des pots de peinture et des choses absolument ratées".
"Avec toutes les possibilités numériques qui existent et tous les logiciels, il n'y a pas de limite à la créativité. Pour moi, tout commence par une photo. C'était déjà le cas en 2013, avec l'image d'un emballage d'œuf de Pâques (voir ci-dessous). Je pars toujours de photos que je prends moi-même, mais que je considère en fait comme sans importance. Elles sont un point de départ, c’est tout".
"Ces images fournissent à chaque fois les premiers pixels. Et ensuite je les transforme et je fais preuve de créativité. Les couleurs et certaines formes s'y retrouvent, mais le résultat est souvent complètement méconnaissable par la suite. C'est le cas, par exemple, pour l’œuvre intitulée "Remnants van een koffiekoek" pour laquelle je suis parti d'une photo d'une viennoiserie".
"Pour l'expo "Metamorphosis", j'ai sélectionné mes œuvres les plus colorées. J'ai aussi des œuvres en noir et blanc, mais elles ne sont pas reprises. Je suis un artiste en recherche, mon style n'est pas encore cristallisé. J'expérimente, un peu comme dans un laboratoire. Pour moi, il s'agit d'être créatif au même titre que la recherche scientifique. Cela simule les mêmes centres de récompense dans le cerveau".
"Je trace ma route, avec un peu de modestie et d'appréhension. Le fait que les galeries m'appellent est lié à mon travail, mais aussi un peu au fait que je ne suis pas un inconnu. Je suis bien conscient que beaucoup d'autres artistes, souvent bien meilleurs que moi, n'ont pas cette chance".
Des oeuvres estimées entre 1.600 et 2.600 euros
"Un travail traîne parfois pendant des semaines avant d'être terminé et, en fait, il n'est jamais terminé. J'ai toujours du mal à décider qu'il est prêt à être imprimé, ce qui demande parfois beaucoup de temps. Car il y a aussi des choses que je dois mieux maîtriser. Par exemple, les couleurs sur mon ordinateur et celles de l'impression ne correspondent pas toujours. Il est possible de les calibrer, mais il m'arrive encore d'avoir des surprises.
"La plupart des œuvres de l'exposition sont imprimées sur aluminium sous verre acrylique. L'acrylique donne plus de profondeur, c’est une illusion que j'aime créer. La plupart de mes œuvres ont un format de 100 x 100 centimètres. C'est purement pratique : un tel format est facile à transporter. 150 sur 150, c'est très bien aussi, mais c'est plus contraignant".
Marc Van Ranst hésite à donner un prix à ses œuvres. "Je ne connais pas très bien les prix, je me laisse guider par ce qu’estime la galerie. Selon la taille, elles sont estimées entre 1 600 et 2 600 euros. Je ne veux pas faire de prévisions, je laisse l'exposition se dérouler. Sur la digue de Knokke, beaucoup de gens se promènent, mais entreront-ils ici ? Il y a des dizaines de galeries d'art. On verra bien".




