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Le gouvernement De Croo échoue à s’accorder sur une réforme fiscale

Le gouvernement fédéral n'a pu s'accorder mardi soir sur un projet de réforme fiscale. Après de longues discussions, le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), "a dû constater que parvenir à un accord n'était pas possible sans impacter significativement la situation budgétaire", a annoncé son cabinet à l'issue d'une réunion en comité ministériel restreint.

Eric Steffens Belga
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Le chef du gouvernement tire ce constat "à un moment où la mission du gouvernement est justement de réduire le déficit budgétaire et de travailler sur un retour progressif à l'équilibre après trois années de crise".

"Le gouvernement s'est engagé dans cette voie lors de l'ajustement budgétaire du mois de mars. Les derniers chiffres du Comité de monitoring démontrent aujourd'hui que les objectifs budgétaires 2023 et 2024 sont atteignables. Le Premier ministre a plusieurs fois répété qu'une réforme fiscale ne pouvait pas mettre à mal cet effort", a précisé le cabinet.

Les discussions étaient engagées de manière décisive et intensive depuis cinq semaines sur la base d'une première épure fournie par le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), en vue de finaliser et mettre en place une réforme fiscale. L'ampleur de celle-ci avait été réduite par rapport aux intentions initiales, passant d'un montant de six milliards d'euros à deux milliards. L'objectif était de réduire la fiscalité sur le travail tout en conservant une neutralité budgétaire.

L'accord de gouvernement prévoyait de préparer une réforme fiscale. "Aller plus loin que l'accord de gouvernement nécessitait, bien évidemment, l'assentiment des sept partenaires de la coalition. La position de chaque partenaire de la coalition devant ici être respectée", a encore ddéclaré le cabinet du Premier ministre.

Van Peteghem : "Si vous continuez à travailler pour une centaine d’électeurs riches, rien n’est possible"

Selon le premier ministre, l'échec des négociations n'affecte pas son gouvernement. "Nous avons pu terminer d'autres dossiers tels que la réforme des pensions et le dossier des centrales nucléaires, et beaucoup d'autres suivront.

Alexander de Croo a également tenu à remercier le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, pour le travail qu'il a réalisé ces dernières semaines. C'est sur base de la proposition de M. Van Peteghem que le gouvernement a négocié. 

Le ministre des Finances n'a pas caché sa déception. "Aujourd'hui, nous devons conclure que tout le monde n'est pas en mesure de sortir de ses tranchées et de montrer le courage de prendre des décisions dans l'intérêt de tous. Des décisions, comme chacun le demande depuis des années, de réduire enfin les impôts pour ceux qui chaque jour donnent le meilleur d'eux-mêmes afin de contribuer. Evidemment, je suis déçu. Ces derniers mois et années, nous avons travaillé dur pour élaborer des plans dans lesquels je crois vraiment. Nous avons déposé des propositions qui, après une large et longue concertation, étaient raisonnables et équilibrées", a-t-il déclaré. Le "kern" a consacré de nombreuses heures de travail et pas moins de cinq week-ends à ces discussions. 

Dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1, Vincent Van Peteghem s'est montré encore plus incisif : "Si vous continuez à travailler pour une centaine d’électeurs riches, rien n’est possible", a-t-il ironisé à l'égard du MR.

Pour le MR il y avait "trop de taxes sur la table"

"Je ne vous cache pas qu'il était difficile pour nous de marquer notre accord", a commenté le vice-Premier ministre MR David Clarinval mardi soir, à l'issue d'un conseil des ministres restreint (kern) durant lequel l'échec des discussions sur la réforme fiscale a été acté.

Pour le libéral francophone, il y avait encore "trop de taxes sur la table" : sur la construction, la consommation ou encore les entreprises. A ses yeux, la réforme envisagée ne récompensait en outre pas "tous les travailleurs", dont les indépendants.

"Pendant les discussions en bilatérale, nous avons proposé un paquet de mesures permettant de créer 19.000 emplois supplémentaires, au-delà de la croissance naturelle (via des effets-retours ou des mesures sur les flexi-jobs). Mais cette proposition n'a même pas été évoquée. La gauche ne voulait plus en parler. Pour eux, la proposition allait trop dans mon sens." Ce qui était sur la table ne permettait dès lors pas, aux yeux du ministre, de créer suffisamment d'emplois pour assurer le financement de la réforme.

David Clarinval doute aussi que l'une ou l'autre mesure mise sur la table durant les cinq semaines de débats ne refasse surface, même si un débat budgétaire est prévu en septembre prochain.

Malgré l'échec des négociations sur la réforme fiscale, le MR poursuivra le travail au sein de la coalition Vivaldi, a assuré David Clarinval. "Nous avons un Conseil des ministres après-demain (jeudi) avec une centaine de points à l'ordre du jour. Nous continuons à travailler sur les autres sujets."

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