Aller au contenu principal
Une greffe d'organe

L’UCLouvain fait une avancée "révolutionnaire" dans la recherche sur le rejet de greffes d’organes

Trois chercheuses de l'UCLouvain sont à l'origine d'une avancée majeure dans la lutte contre le rejet des greffes d'organe, indique ce jeudi l'Université de Louvain-la-Neuve (Brabant wallon). Les intestins joueraient un rôle majeur dans ce domaine.

Anne François Belga
Publié:

Leur découverte qualifiée de révolutionnaire a permis d'identifier "l'un des facteurs majeurs" de l'échec d'une transplantation, à savoir le dosage inapproprié du médicament anti-rejet, le tacrolimus, précise l'institution académique belge. Par conséquent, un meilleur ciblage du traitement post-greffe devrait "alléger les effets secondaires qui en découlent".

Les scientifiques Laure Bindels et Laure Elens, épaulées par Alexandra Degraeve qui est aspirante au Fonds de la recherche scientifique (FNRS), ont mis au jour les interactions entre la posologie du tacrolimus et le microbiote - c’est-à-dire l'ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique.

À la suite de leurs cinq années d'investigations, elles ont conclu que "la présence d'un microbiote augmente la concentration du médicament dans le sang". Le microbiote peut donc diminuer "le risque de rejet de greffes, ou, a contrario," augmenter "le risque de survenue d'effets secondaires" en fonction des modalités de la prise du médicament, en ont déduit les chercheuses. L'étude clinique "a montré que plus le dosage du médicament est élevé, moins le microbiote intestinal est riche (moins diversifié en bactéries)", ajoute l'UCLouvain.

Selon l'université, elle a aussi déterminé "deux genres de bactéries spécifiques associées à la diminution de la dose requise de tacrolimus". Grâce à un financement du FNRS, les trois scientifiques vont étudier désormais le microbiote intestinal sur une longue période, tandis que l'expérimentation de leur concept" à d'autres médicaments (anti-VIH, hypotenseurs, etc.)" est en cours.

En Belgique, environ 1.600 personnes sont en attente d'une greffe chaque année. D'après l'UCLouvain, plus de 40% des patients doivent souvent patienter plus d'un an avant d'espérer être transplantés.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5