Le Néerlandais Pieter C., pédocriminel le plus sévèrement puni de l'histoire en Belgique avec une peine de 19 ans d'emprisonnement et 15 ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines, a été discrètement libéré après sept ans d’emprisonnement, révèlent les journaux flamands Het Nieuwsblad, Gazet van Antwerpen et De Standaard ce mercredi. Il réside actuellement aux Pays-Bas, où les mesures conditionnelles - comme notamment une thérapie de jour - seront suivies.
Le pédocriminel le plus lourdement condamné en Belgique libéré après 7 ans
Conseiller en investissement de profession, l’Anversois Pieter C. avait collecté près de 700 gigabits d'images pédopornographiques lorsqu’il fut condamné en janvier 2016. Plus de 400.000 fichiers avaient été découverts par les enquêteurs anversois sur son ordinateur domestique, à la suite d’informations communiquées par l’agence de renseignement américaine FBI.
L'enquête judiciaire avait en outre mis en lumière un orphelinat au Cambodge dirigé par Pieter C. et sa femme et qui servait de couverture à des activités pédophiles. Le tribunal d'Anvers l'avait condamné en 2016 à 19 ans de prison et 15 ans de mise à disposition. Mais le 4 mai 2023, le tribunal d'application des peines de Gand (Flandre orientale) l'a libéré sous conditions en toute discrétion, semble-t-il, et l'individu résiderait depuis deux mois à Amsterdam.
Les conditions liées à sa libération sont, notamment, une thérapie de jour dans une institution spécialisée, le suivi avec un psychiatre, l’interdiction de contacts avec des mineurs d’âge et de se rendre dans des endroits où viennent des mineurs d’âge, ainsi que l’interdiction de franchir la frontière (sauf pour des déplacements en Belgique s’il doit se rendre au tribunal).
La Fondation pour les enfants disparus et sexuellement exploités Child Focus, qui avait porté plainte au civil en 2016, a réagi avec stupeur à l’annonce de la libération anticipée de Pieter C., parlant d'une "décision incompréhensible". "C'est une gifle au visage de toutes les victimes, de tous les services, y compris la police", a déclaré la directrice générale Heidi De Pauw (photo).
Selon ses avocats Walter Van Steenbrugge et Dirk Grootjans, l'homme a été puni beaucoup trop sévèrement à l'époque et respecte rigoureusement les conditions aux Pays-Bas. "En prison, mon client a été examiné par un collège de sept spécialistes qui sont arrivés à la conclusion qu’il y avait un risque minime voire inexistant de récidive", précisait Walter Van Steenbrugge.

