Dirk Achten constate que les politiques, les hauts fonctionnaires et les diplomates francophones maîtrisent de plus en plus mal le néerlandais et l’anglais. En cela, ils affaiblissent l’État fédéral qu’ils prétendent défendre. Un billet d’opinion paru dans le quotidien De Standaard, repris par le site DaarDaar. Ancien président du comité de direction du SPF Affaires étrangères, ancien rédacteur en chef du quotidien De Standaard, Dirk Achten est l’auteur du livre "Ligt het aan ons. Waarom Nederlanders en Belgen hun land anders organiseren" (Manteau éditeur).
Le mépris du néerlandais chez les politiques francophones: une menace pour la Belgique
Ce fut un grand moment de solitude. S’adressant au roi des Pays-Bas et à son entourage, la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS, photo principale) s’exprimait de manière si gauche qu’au bout de quelques phrases le roi l’a très aimablement autorisée à poursuivre en français. Après tout, il fallait bien que ses paroles restent au moins intelligibles. Grand soulagement chez l’oratrice.
Le fait que certains membres de la délégation néerlandaise, et en particulier le roi des Pays-Bas, ne maîtrisent pas le français comme deuxième langue restera dans les mémoires comme un dommage collatéral. Après tout, ce n’est pas vraiment un problème, si ?
Eh bien si, évidemment. C’était - plus exactement, c’est - un problème, et non des moindres. Que la présidente du Parlement fédéral accueille le roi des Pays-Bas en français est un manque de respect gênant. Imaginons un instant le prédécesseur d’Eliane Tillieux, Siegfried Bracke (N-VA), recevant le président français Emmanuel Macron en néerlandais, ou en anglais. On en aurait entendu parler dans les chaumières !
C’est bien le signe qu’après toutes ces années, rien ou presque n’a changé : les hommes et femmes politiques francophones nommés à des fonctions importantes au fédéral ne jugent pas utile d’apprendre et de pratiquer la langue de la majorité néerlandophone du pays. Le mépris est toujours omniprésent.
