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Pour ses 125 ans, Magritte est à Bruxelles: "Ceci n'est pas une expo, mais un parcours de collages géants"

L’artiste surréaliste René Magritte aurait eu 125 ans cette année et la Ville de Bruxelles entend bien garder vivantes sa mémoire et son œuvre, grâce à un parcours de décorations aériennes et de huit collages monumentaux dans le centre de la capitale. Ils font allusion à différentes toiles du célèbre artiste né à Lessines en 1898 et décédé dans la commune de Schaerbeek en 1967. Réalisées par le street artiste et photographe français Julien de Casabianca, des reproductions XXL de personnages iconiques de tableaux de Magritte orneront des façades de la ville pendant tout le second semestre de l'année, des Plaisirs d'Été aux Plaisirs d'Hiver.

Anne François Belga
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Dans le quartier bruxellois des Marolles, les rues Haute et Blaes et la rue des Renards accueillent une série d'installations artistiques inspirées du surréalisme: parapluies, colombes et nuages d'un mètre et demi, suspendus sur des fils, invitent à pénétrer le monde énigmatique et poétique du maître du surréalisme, René Magritte. "Créer des univers que l’on peut capter sur Instagram dans les différents quartiers du Pentagone contribue à la notoriété du centre-ville et à la mise en valeur de nos commerces. L'idée est d'offrir aux Belges et aux touristes une véritable expérience", expliquait Fabian Maingain, échevin des Affaires économiques à la Ville de Bruxelles.

Ces décorations aériennes complètent le nouveau parcours de collages monumentaux dans le centre de Bruxelles, inspirés d’œuvres de Magritte et réalisés par le street artiste corse Julien de Casabianca. Lors de l’inauguration du parcours "Sur les traces de Magritte", vendredi 30 juin, l'échevine de la Culture, du Tourisme et des Grands événements Delphine Houba déclarait, avec un clin d’œil au titre d’une toile de Magritte "Ceci n’est pas une pipe" : "Ceci n'est pas une exposition, mais nous sommes très contents que cela ait lieu".

Le parcours est une initiative de la Fondation Magritte, du Musée Magritte et de la Ville de Bruxelles. "Magritte doit toujours rester vivant et la meilleure manière de le garder vivant est de l'exposer tant dans les musées que dans les rues", déclarait pour sa part Charly Herscovici, président de la Fondation Magritte. L'échevine de la Culture se réjouissait aussi de cette "exposition à ciel ouvert, accessible à tout le monde, 24 heures sur 24".

Delphine Houba notait que si René Magritte n'est pas originaire de Bruxelles (il est né à Lessines en 1898), il y a vécu 25 ans. "Lui-même a sans doute flâné dans les rues et observé le ciel de la capitale. On peut de la sorte y marcher en suivant les traces de sa vie et de son œuvre". Et d’ajouter : "Les gens ne se sentent pas toujours légitimes de rentrer dans un musée, mais l'art est pour tout le monde et il est donc important que ce soit dans la rue".

Des chefs-d’œuvre décontextualisés

Pour ce parcours urbain, l’artiste visuel, street artiste et photographe français Julien de Casabianca (52 ans) a extrait des personnages des œuvres originales de Magritte, comme les "hommes au chapeau melon". Le Corse s'est inspiré notamment des tableaux "La réponse imprévue", "Le Maitre d'école" et "L'Heureux Donateur".  Ses immenses collages éphémères, de papier et colle en matières premières végétales biodégradables, se trouvent dans le centre-ville sur les façades de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR), du Novotel, de l'Hôtel Amigo et de la Régie des Bâtiments, notamment.

La balade surréaliste prend entre 20 et 40 minutes de marche, en fonction des pauses pour les photos. Elle sera visible jusqu’au 7 janvier 2024.

Le "point commun" entre René Magritte et Julien de Casabianca est que ce dernier "décontextualise aussi des objets et les met dans d'autres contextes pour créer un environnement étrange", expliquait Emmanuel Angeli, responsable stratégique et artistique pour l'organisateur Brussels Major Events. "Ce qui intéresse ce street artiste, c'est que la grande peinture des institutions rencontre une pratique d'inspiration spontanée. Il recherche comment rendre des chefs-d'œuvre à la rue".

Julien de Casabianca - qui a travaillé dans les années 1990 comme journaliste sous le nom Julien Caumer - a été exposé notamment en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Bulgarie, Suisse et Norvège, au Japon, aux Etats-Unis et en Arménie. Les organisateurs du parcours "Sur les traces de Magritte" précisent que le travail du street artiste corse "est respectueux de son environnement et ne représente aucun risque de dégradation pour les façades".

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Certains des célèbres tableaux de René Magritte, au musée bruxellois qui lui est consacré

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