Dans un nouveau rapport publié tout récemment, Greenpeace et Bos+ s'alertent de l'évolution des forêts en Flandre, affirmant que trop d’arbres sont encore abattus. Chaque année, près de 300 hectares de forêts disparaissent ainsi, soit plus de l’équivalent d’un terrain de football par jour. Les compensations se sont multipliées ces dernières années, mais elles ne suffisent pas à combler les pertes, affirment les deux organisations environnementales, qui demandent aux autorités flamandes un moratoire sur la destruction des forêts les plus précieuses et surtout un gel de la déforestation d'ici 2030.
Des organisations environnementales appellent au gel de la déforestation en Flandre
Au cours des 20 dernières années, ce sont 5.088 hectares de forêts qui ont disparu, soit l'équivalent d'un terrain de football par jour, notent Bos+ et Greenpeace. "Seul 10% de la superficie de la Flandre est boisée. Ce qui fait de cette Région l’une des plus pauvres en forêts d’Europe", indique le rapport des organisations environnementales. En cause, "les nombreuses exceptions à l'interdiction de déboiser" et "le manque de protection juridique des forêts".
Ces deux éléments permettent d'affecter la zone forestière flamande à d'autres fins, selon Greenpeace et Bos+. "Les communes et les provinces jouent un rôle crucial dans l'autorisation de la déforestation. Elles en tirent d'ailleurs souvent un bénéfice financier par le biais du financement communal", relève Laure De Vroey de Bos+.
Selon le rapport, 31% de la superficie des forêts et des espaces verts n’est pas répertoriée comme zone verte dans les plans de secteur régionaux et est donc menacée. "Cela signifie que les autorités locales autorisent facilement la déforestation dans les zones résidentielles, industrielles et de loisirs." D’après la ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (photo), quelque 1.750 hectares de forêts ont été créés dans la Région depuis 2019. "Nous constatons que les choses vont dans la bonne direction, après des années d’absence de politique dans le domaine", confirme Bert De Somviele de Bos+. "Mais la préservation des forêts échoue encore".
Même lorsqu'il existe de nouvelles plantations pour compenser les pertes, cela entraîne une perte de qualité, constate le rapport. "Dans une nouvelle forêt, la biodiversité est totalement différente de celle dans une forêt qui a des siècles. Ces anciennes forêts contiennent aussi davantage de carbone. Ce sont les vieilles forêts qui nous protègent contre le changement climatique. Elle sont irremplaçables", précise De Somviele.
Stopper la destruction des forêts
La fragmentation des forêts induit une perte de protection de la biodiversité et une moindre capacité de stockage de carbone, rappellent ainsi les organisations environnementales. Leur demande est désormais claire: "Arrêter immédiatement la déforestation". Bos+ et Greenpeace demandent, à l'approche des élections de 2024, un moratoire sur la destruction de nos forêts les plus précieuses et un gel général de la déforestation d'ici 2030.
La ministre Zuhal Demir a fait savoir qu’elle a l’intention d’élaborer cette année encore des plans de mise en œuvre de l’aménagement du territoire afin de protéger des forêts fragiles pour l’avenir. "Créer davantage de forêts est une bonne chose, mais nous devons aussi veiller sur les forêts existantes. J’espère pouvoir avancer dans ce domaine à l’automne, au sein du gouvernement flamand".

