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De plus en plus de Belges font leurs courses en France et cela va encore augmenter

Les Belges sont de plus en plus nombreux à faire leurs courses dans les supermarchés de l'autre côté de la frontière, en particulier en France. Au cours des trois premiers mois de cette année, le nombre d'achats effectués par les Belges en France a augmenté de 70 % par rapport à la même période l'an dernier. C'est ce que révèlent les chiffres de la fédération professionnelle Comeos, publiés dans De Standaard. "L'inflation et la hausse des prix de l'énergie sont les deux facteurs les plus importants", a déclaré Dominique Michel, de Comeos. "Et si rien ne change, nous nous attendons à ce que les Belges soient encore plus nombreux à faire leurs achats à l'étranger, dans les mois à venir".

Eric Steffens
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Au cours des trois premiers mois de l'année, les Belges ont acheté pour 688 millions d'euros de produits dans des supermarchés à l'étranger. Ils ont dépensé cet argent principalement en France, à hauteur de 423 millions d'euros, pour être précis. Pour être clair, il ne s'agit que d'achats physiques, donc pas d'achats en ligne. La fédération professionnelle Comeos y voit deux explications majeures : l'inflation et les prix de l'énergie. Ces deux facteurs ont fortement augmenté au cours de l'année écoulée.

Par inflation, nous entendons la hausse générale des prix dans notre pays. Selon Comeos, l'inflation au cours des trois premiers mois de cette année a été deux fois plus élevée qu'en France. Dans notre pays, les salaires sont liés à l'inflation (indexation des salaires).

La hausse de l'inflation entraîne celle des salaires, et donc des coûts de main-d'œuvre. Les supermarchés répercutent une partie de ces coûts sur les consommateurs. En France, le système d'indexation des salaires n'existe pas, "et vous remarquez cette différence de prix à la caisse", explique Dominique Michel, PDG de Comeos.

De plus, les prix de l'énergie étaient également très élevés. "Or, le gouvernement français a pris des mesures pour les grandes entreprises et les supermarchés afin de limiter ces augmentations de prix", explique Dominique Michel. "En Belgique, ce n'était pas le cas. Cela se reflète également dans le comportement d'achat.

Une TVA à 9%

Il y avait déjà une différence de prix entre les supermarchés en Belgique et ceux de France, ce qui incitait les Belges à faire leurs courses de l'autre côté de la frontière. Avec la hausse de l'inflation et des prix de l'énergie, ils sont encore plus nombreux à franchir cette frontière. Comeos craint que les mois à venir ne voient de plus en plus de personnes faire leurs courses à l'étranger.

"Le gouvernement français a conclu des accords avec les producteurs de denrées alimentaires pour qu'ils baissent leurs prix et que les clients paient moins cher au supermarché à partir de juillet. Pr ce ne sera pas le cas chez nous", affirme Dominique Michel. "Et dans notre pays, le gouvernement augmente le taux de TVA sur les produits alimentaires de 6 à 9 %. Inutile de dire que cela entraînera également une explosion des achats aux frontières".

Dominique Michel fait référence aux discussions en cours sur une réforme fiscale, qui impliquerait un taux de TVA unique de 9 %, au lieu de deux taux de 6 et 12 %. Ce taux remplacerait le taux actuel. Les produits de base comme le pain et le lait deviendraient ainsi plus chers. En revanche, la TVA sur les fruits et légumes disparaîtrait.

Selon Dominique Michel, cela ne changera pas grand-chose. "Personne ne se rend en France pour acheter de la salade et du pain. Si les prix baissent un peu en Belgique, on ne verra pas la différence.

Les grandes différences se situent au niveau des prix de la viande, du poisson, des boissons, du chocolat, des biscuits ? Ces produits seront beaucoup plus chers chez nous". Dominique Michel fait également référence à une taxe régionale sur les déchets qui se profile et qui coûterait 180 millions d'euros. "Encore une taxe sur la vente au détail, et qui va la payer ? Le consommateur. Si rien ne se passe, les prix vont continuer à augmenter dans les mois à venir et c'est le consommateur qui en sera la victime."

La différence de prix va encore s'accentuer

Els Breugelmans, professeur de marketing et de commerce de détail à la KU Leuven, s'attend également à ce que de plus en plus de personnes franchissent les frontières pour faire leurs achats à l'avenir.

"Les augmentations de prix ne sont généralement jamais suivies de baisses de prix tout aussi importantes. Il y avait déjà une différence de prix entre la Belgique et la France. Cette différence s'est creusée et continuera à se creuser. Par conséquent, de plus en plus de personnes vont découvrir cette opportunité".

Comme la Belgique est un petite pays, de nombreux Belges habitent relativement près d'une frontière, de sorte que la plupart d'entre eux n'ont pas besoin de faire beaucoup de kilomètres pour aller faire des achats à l'étranger. Dans le passé, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas étaient à peu près aussi populaires, mais aujourd'hui, la France se démarque. "Les Français ont fait face à la hausse de l'inflation et des prix de l'énergie d'une manière différente, et on s'en rend compte aujourd'hui.

Comeos craint le taux de TVA de 9 %. Comment Els Breugelmans évalue-t-elle l'impact de ce taux sur les supermarchés ? "Il est important de surveiller la concurrence des entreprises belges et des supermarchés en particulier. S'il y a déjà un désavantage aujourd'hui, ce prélèvement pourrait être un désavantage supplémentaire dont les supermarchés peuvent se passer pour l'instant."

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