"L'incident est clos", a lâché jeudi à la Chambre le Premier ministre, Alexander De Croo, dans une ambiance électrique, en réponse à des questions qui tournaient autour de la présence d'une délégation iranienne à Bruxelles.
Alexander De Croo affirme que "l'incident est clos", sans vraiment convaincre ses partenaires
En vertu du règlement, puisque la Chambre ne s'est pas encore prononcée sur les motions en conclusion des interpellations de mercredi, le sujet ne pouvait être abordé. La présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), a veillé tant que faire se peut à ce que la règle soit observée, donnant un tour un peu irréel au début de la séance.
L'opposition a défilé à la tribune pour interroger le chef de gouvernement, qui sur la cohésion au sein du gouvernement, qui sur l'image internationale de la Belgique, en évitant d'évoquer le sujet dont on ne pouvait parler mais qui était au cœur de tous les échanges.
"Les procédures parlementaires sont importantes. Et si le parlement demande que les ministres fassent la clarté, ils doivent le faire. Et s'ils veulent le refaire, c'est possible. Mais l'incident d'hier est bel et bien clos", a assuré Alexander De Croo (Open VLD).
"Il y a d'autres priorités qui attendent la Vivaldi"
"Si le sujet de la position de la Belgique à l'égard du reste du monde est important, il y d'autres priorités qui attendent la Vivaldi", a rappelé le chef du gouvernement, évoquant la réforme fiscale, la réforme des pensions ou encore les discussions avec Engie en vue de prolonger deux réacteurs nucléaires.
Le nom de la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib n'a pas été cité par Alexander De Croo. Mais pour l'opposition, la cause est entendue: son maintien à la tête de la diplomatie belge mine non seulement le gouvernement mais aussi l'image de la Belgique à l'étranger.
L'incident est-il vraiment clos ?
Aux yeux du PVDA- PTB, Mme Lahbib doit se retirer. "Jeudi passé, Mme Lahbib était plus occupée à torpiller Pascal Smet qu'à donner des explications au parlement", a déploré Steven De Vuyst.
"Si vous voulez restaurer la confiance, vous devez lui demander de démissionner", a dit Peter De Roover (N-VA).
En fin de matinée, les écologistes et le PS ont fait savoir qu'ils ne pouvaient se satisfaire des explications fournies mercredi par Mme Lahbib et attendaient qu'elle se présente à nouveau en commission. Dans l'état actuel des choses, ils ne pourraient accorder leur confiance à la ministre.
"L'incident n'est pas du tout clos", a dit en début d'après midi la cheffe de groupe Vooruit, Melissa Depraetere, qui attend à tout le moins des "excuses" de la ministre et n'a pas caché que les choses étaient peut-être déjà allées trop loin.

