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Après la démission de Pascal Smet, la ministre Hadja Lahbib dans le collimateur de l'opposition

Suite à la démission du secrétaire d'Etat bruxellois Pascal Smet (Vooruit), dans le dossier de l'accueil de délégations iranienne et russe à Bruxelles, les regards se tournent à présent vers la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR). Ce sont les Affaires étrangères qui ont accordé un visa aux deux délégations, et c'est une compétence d’Hadja Lahbib. Les partis d'opposition N-VA et Vlaams Belang demandent donc sa démission.

Eric Steffens
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Ce week-end, le secrétaire d'État bruxellois à l'Urbanisme et au Commerce extérieur Pascal Smet a provoqué la surprise en annonçant sa démission. La raison ? Le tollé provoqué par la participation du bourgmestre de la capitale iranienne Téhéran à un sommet à Bruxelles.

Ce qui a été fatal à Pascal Smet, c'est que la Région bruxelloise a pris en charge les frais d'hébergement de cette délégation iranienne. Une erreur qui, selon Pascal Smet, a été commise par l'un de ses collaborateurs.

"Assumer sa responsabilité politique"

C'est la raison pour laquelle Pascal Smet, selon ses propres termes, "a assumé ses responsabilités politiques". Mais il n'a pas manqué de s'en prendre une fois de plus à la ministre des affaires étrangères, Hadja Lahbib. "La délivrance de ces visas relève en effet des compétences de cette dernière, et tous les regards se tournent donc naturellement vers elle", a analysé le politologue Dave Sinardet dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1. "Smet la met dans une position difficile", ajoute-t-il.

"Pascal Smet souligne qu'il démissionne alors qu'il n'aurait rien fait de mal personnellement. De plus, il dit que tout le monde devrait se demander si elle ne devrait pas aussi prendre ses responsabilités. Si elle reste, elle apparaît donc comme quelqu'un qui a moins d'éthique politique que Smet".

Les deux politiques se pointent mutuellement du doigt depuis la semaine dernière. "Lahbib a d'abord mis Smet dans l'embarras en déclarant qu'il avait exercé des pressions", explique Dave Sinardet. "Mais pourquoi a-t-elle cédé à la pression d'un collègue d'un autre gouvernement alors que son administration avait émis un avis négatif ? Cela ne semble pas très conforme aux principes et elle doit donc s'expliquer."

L'opposition pointe la responsabilité d'Hadja Lahbib

Les partis d'opposition N-VA et Vlaams Belang sont également de cet avis. Plus précisément, ils demandent la démission de la ministre. "Nous sommes face à la situation - et nous ne devons pas l'oublier - que Pascal Smet ne délivre pas de visas", a déclaré le chef de groupe de la N-VA, Peter De Roover.

"Je n'entrerai pas dans la question de savoir si Pascal Smet a exercé beaucoup ou peu de pression, car c'est Mme Lahbib qui au final donne son accord ou non'. Si vous constatez qu'elle et son administration avaient d'abord déclaré que c'était une mauvaise idée compte tenu des circonstances et qu'ensuite elle accepte si facilement, elle ne donne pas l'image d'une ministre qui a une forte personnalité".

Ce sont justement ces circonstances qui importent, selon Peter De Roover. "Tout d'abord, nous devons subir l'humiliation de notre compatriote Olivier Vandecasteele, retenu en otage pendant 455 jours par le régime iranien. Deuxièmement, nous devons subir l'humiliation de ne pas pouvoir le récupérer tant que nous n'aurons pas satisfait à toutes les exigences de l'Iran", ajoute-t-il.

"Deux semaines après l'affaire Vandecasteele nous déroulons le tapis rouge pour le maire de Téhéran"

"Deux semaines plus tard, nous déroulons le tapis rouge pour le maire de Téhéran. Quelle faiblesse montrez-vous donc à l'égard de ce régime ? C'était l'occasion de dire au moins : nous exigeons ce respect. Puis je me dis : que fait encore Mme Lahbib à son poste ? A-t-elle encore la force d'exercer cette fonction ?"

Peter De Roover envisage deux possibilités. "Soit elle reconnaît qu'elle a fait une mauvaise évaluation, ce qui est une grave erreur politique. Dans ce cas, Mme Lahbib démissionne comme Pascal Smet. Soit elle ne démissionne pas et cela signifie que ce n'est pas considéré comme une erreur, que c'est la politique du gouvernement De Croo. C'est au gouvernement d'en décider à présent".

 

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