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Conner Rousseau révèle être bisexuel, mais ne veut pas répondre aux questions de VRT NWS

Le président du parti socialiste flamand Vooruit (photo) est au centre de rumeurs propagées sur internet depuis plusieurs semaines sur son orientation sexuelle. D’après certains collègues de son parti (dont Freya Vanden Bossche), il s’agirait même d’une campagne de dénigrement acerbe. Conner Rousseau décidait donc jeudi de révéler sur Instagram qu’il se sent attiré à la fois par des hommes et des femmes et que la situation le met très mal à l’aise depuis quelques années déjà. A tel point qu’il sent le besoin de faire une déclaration publique. Une vidéo circule également sur YouTube, sous forme d’une interview avec le réalisateur flamand Eric Goens, dans laquelle Rousseau s’explique. Cette vidéo a été proposée contre paiement à plusieurs médias. VRT NWS a refusé de l’acheter, avant tout parce que le président de Vooruit refuse de répondre à des questions critiques de la rédaction à propos d’un éventuel comportement inapproprié qu’il aurait eu à l’encontre d’un adolescent de 17 ans.

Anne François Belga
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"Je lutte avec mon orientation", confie Conner Rousseau dans la vidéo réalisée avec Eric Goens et sa maison de production Bargoens, postée sur YouTube et accessible à qui le souhaite via ce canal. "Cela va mieux qu'il y a quelques années, mais j'ai toujours énormément de difficultés. Je ne sais pas vraiment ce que je suis", ce qui complique sa vie, reconnaît le jeune président de Vooruit, qui vient d’ailleurs d’être réélu à ce poste à 95% des voix. "Certains se demanderont sans doute: mais pourquoi vient-il avec cela subitement?", interroge Conner Rousseau, avouant qu’il aurait préféré attendre de mieux comprendre ce qui lui arrive avant de s’exprimer publiquement. "Mais je suis déjà claustrophobe et j'ai l'impression de me trouver dans une petite pièce dont les murs se rapprochent un peu chaque jour".

Le timing choisi laisse aussi penser que le parti socialiste flamand ne voulait pas de ces révélations en pleine campagne électorale, ce qui aurait conduit certains à penser que Conner Rousseau voulait en tirer parti électoralement, analysait notamment le journaliste politique Ivan De Vadder (VRT). Avec ces confidences, le président de Vooruit affirme espérer que cela permettra de calmer les choses. "Je me sens traqué car énormément de gens spéculent (sur mon orientation sexuelle). J'ai besoin d'air et j'espère que cela va me rendre un peu d'oxygène et de disponibilité mentale pour m'occuper d'autres choses".

"Traqué comme une bête sauvage"

Ivan De Vadder (photo archives) relevait aussi un passage plus "bizarre" dans la confession de Conner Rousseau. "Il affirme se sentir traqué comme un animal sauvage. Ce qui ferait référence à des rumeurs sur lesquelles il ne veut pas s’étendre. Nous avons connaissance de deux notifications - pas des plaintes - de comportement éventuellement inapproprié émanant de Conner Rousseau", indiquait Ivan De Vadder jeudi soir. "Cela donne un autre contexte. Je me dit alors qu’il a fait son "coming out" parce que certaines informations sont divulguées. Cela me fait un peu penser à une fuite en avant, pour devancer la discussion sur ces informations".

Ivan De Vadder

De quelles informations s’agit-il exactement ? Il y a quelques semaines, le parquet de Flandre occidentale menait une enquête à la suite du signalement d’un comportement éventuellement inapproprié que Rousseau aurait eu à l’égard d’un adolescent de 17 ans. La plainte n’avait pas été introduite par le jeune homme-même, mais par un journaliste qui lui avait parlé.

Conner Rousseau a été entendu par la police. D’après les informations dont dispose VRT NWS, le jeune homme n’aurait pas voulu répondre à la police. L’enquête a donc été classée sans suite fin mai. D’après le parquet de Flandre occidentale, il ne serait pas question d’infraction pénale.

Le parquet d’Anvers a confirmé avoir reçu à la même période (mi-mai) une lettre dans laquelle - selon les informations de la VRT - une mère exprimait son inquiétude face au comportement de Conner Rousseau à l’égard de son fils de 17 ans. Plus précisément à propos des messages que ces derniers s’échangeaient. "Dans un premier temps, il faut examiner s'il est question de faits punissables", précise-t-on au parquet anversois. Celui-ci a ouvert une enquête préliminaire, mais sans désigner à ce stade un juge d'instruction. Il a juste confié les "missions nécessaires à la police". Une enquête judiciaire formelle ne pourrait être ouverte que dans un second temps.

Sur le plateau de la VRT télévision, l’avocate Christine Mussche déclarait que ces accusations sans fondement visant son client Conner Rousseau participent d'une forme de "chasse aux sorcières".

La vidéo "This is me" sur YouTube est accessible à tous

VRT NWS ne montre pas les images placées sur YouTube

Etant donné ce contexte juridique, VRT NWS a demandé jeudi à Conner Rousseau de pouvoir lui poser quelques questions critiques, mais le président de Vooruit a refusé toute interview, renvoyant à la vidéo visible pour tout le monde sur YouTube. VRT NWS a donc décidé de ne pas acheter les images ni le son placés sur YouTube afin de pouvoir les diffuser sur ses plateformes. Ce que demandaient les réalisateurs de la vidéo.

Entretemps, Vooruit a fait savoir que VRT NWS pouvait utiliser ces images gratuitement. Mais la radiotélévision publique flamande choisit de ne pas le faire, parce qu’elle n’a pu poser à Conner Rousseau les questions qu’elle juge importantes de lui soumettre, dans le contexte décrit.

L’association flamande des journalistes rappelait également que son code déontologique stipule que l’information n’est pas payante. "A moins qu’il s’agisse de couvrir les coûts" de collecte de cette information, précisait Pol Deltour.

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