Le syndicat agricole flamand Boerenbond (photo) insiste pour que les agriculteurs ne deviennent pas les victimes, après que le ministre fédéral de l'Economie Pierre-Yves Dermagne (PS) ait annoncé mercredi qu'il attendait un accord sur la baisse des prix alimentaires à la mi-juillet. Le ministre Dermagne a même menacé, en dernier recours, de rendre publics les noms des entreprises qui refuseraient de baisser leurs prix malgré la diminution des coûts. Ses déclarations faisaient suite à une réunion avec la Fevia, la fédération de l'industrie alimentaire, en présence de représentants de l'Observatoire des prix.
Boerenbond : "Les agriculteurs ne doivent pas être les victimes d’une baisse des prix alimentaires"
"Si les inquiétudes concernant la flambée des prix agricoles et alimentaires sont justifiées, la solution proposée par le ministre est pire que le mal", a déclaré le Boerenbond. "Il n'y a rien à attendre de l'agriculteur. Au contraire, il risque de devenir la victime de cette situation", a souligné Lode Ceyssens, président du Boerenbond. "Nous réclamons depuis longtemps un débat sérieux sur les prix agricoles et alimentaires. Un débat qui tienne compte à la fois du consommateur et du producteur."
Selon le Boerenbond, les marges de la chaîne agricole et alimentaire sont soumises à une forte pression. Malgré des prix parfois très élevés pour les produits agricoles, les agriculteurs et les producteurs ne parviennent pas à répercuter la hausse des coûts de production.
"Heureusement, la prise de conscience que le marché doit être corrigé afin d'obtenir des prix équitables pour les consommateurs et les agriculteurs pénètre de plus en plus le débat politique et social. Il est plus que temps, car il faut agir. Mais il faut mener une politique alimentaire sociale de manière ciblée et non pas avec des prix généralement plus bas qui retombent en fin de compte sur l'agriculteur", a insisté Lode Ceyssens.
"Prix du caddie"
Le ministre de l’Economie se réunissait mercredi avec la Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire, en présence de représentants de l’Observatoire des prix. La réunion était consacrée au "prix du caddie" qui reste élevé en Belgique alors que les prix de nombreuses matières premières (céréales, lait, huiles végétales) et de l'énergie sont à la baisse au niveau mondial.
Le ministre a demandé aux acteurs du secteur d'activer au plus vite leur chaîne de concertation pour que les baisses de coût des matières premières se répercutent dans les meilleurs délais sur les prix des denrées alimentaires en magasin.
"J'ai demandé aux acteurs du secteur de s'accorder pour anticiper la renégociation des prix fixés en magasin, négociation qui a lieu chaque année. Il n'est en effet pas acceptable que, lorsque les prix des denrées alimentaires diminuent, le consommateur doive attendre des mois avant d'en ressentir ses effets en magasin", estime le ministre Dermagne (photo). Des études sur les marges du secteur agroalimentaire et le niveau des prix en Belgique comparé à celui des pays voisins sont en cours.
