Le jury de la cour d'assises de Gand (Flandre orientale) a déclaré lundi soir Jurgen Demesmaeker (52 ans) coupable de l'assassinat de sa compagne, l’ancienne bourgmestre d’Alost Ilse Uyttersprot. Les jurés n’ont pas retenu la thèse du geste impulsif, avancé par l’accusé et sa défense, mais retenu celle d’un acte prémédité. Ce mardi, le ministère public a requis la réclusion à perpétuité et sept ans de mise à disposition du tribunal de l’application des peines à l’encontre de Demesmaeker. L’avocat du coupable, Mr Johan Platteau, plaidait pour une peine de 20 à 25 ans de prison. Le jury de la cour d'assises a finalement condamné Demesmaeker (photo, au centre) à 30 ans de prison, ainsi qu'à 5 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP). Les proches de la victime ont réagi avec soulagement à la condamnation.
Le compagnon de la bourgmestre alostoise Ilse Uyttersprot, déclaré coupable de son assassinat, écope de 30 ans de réclusion
Ce lundi, les parties civiles et le ministère public avaient décidé de ne pas procéder aux répliques devant la cour d'assises de Gand, dans le cadre du procès du meurtre de l'ancienne bourgmestre d'Alost, Ilse Uyttersprot.
L'accusé, compagnon de la bourgmestre au moment des faits, a par contre exprimé ses regrets dans une dernière prise de parole. "Chaque jour, je voudrais dire à quel point je suis désolé. Cela n'aurait jamais dû se produire". "Je voudrais dire qu'Ilse était véritablement une femme fantastique. Que ce qui s'est passé est horrible. Chaque jour dans ma cellule, je souhaiterais sincèrement pouvoir changer le passé".
Le jury, qui est entré en délibération lundi soir, devait répondre à deux questions: l'accusé est-il coupable du meurtre de l'ancienne bourgmestre d'Alost ? Et a-t-il agi avec préméditation? En d'autres termes, est-il coupable d'assassinat? La réponse à la première question ne faisait guère de doute, l'accusé ayant lui-même reconnu avoir tué sa compagne au moment où il s’est livré à la police. Ilse Uyttersprot a été tuée dans la nuit du 3 au 4 août 2020. Son corps a été retrouvé au domicile de l'accusé, qui s'était présenté à la police le 4 août en matinée. L'homme nouait une relation avec la victime depuis quelques mois. Il a expliqué aux policiers avoir frappé la victime à la tête avec un marteau. L'autopsie a révélé que le décès était dû à un violent traumatisme crânien provoqué par une demi-douzaine de coups.
La réponse à la seconde question, en revanche, a divisé le ministère public d'une part, pour qui la préméditation est évidente, et la défense d'autre part, qui a contesté toute préméditation dans le chef de l'accusé. La délibération du jury a finalement duré trois heures. Les jurés ont déclaré Jurgen Demesmaeker responsable de l’assassinat de sa compagne.
Trente ans de prison et 5 ans de mise à disposition
Les débats sur la peine ont débuté ce mardi à 10h à la cour d’assises de Gand. Le ministère public a requis la réclusion à perpétuité et sept ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) à l'encontre de Jurgen Demesmaeker (52 ans).
Quant à Mr Johan Platteau (photo), avocat de l’accusé, il plaidait pour une peine allant de 20 à 25 ans de prison. "Enfermer quelqu’un à perpétuité est horrible. Certains le méritent, comme Marc Dutroux, Horion ou Kim De Gelder, des coupables pour lesquels les psychiatres affirment qu’ils sont dangereux et le resteront. Mais dans le dossier de mon client, les psychiatres jugent que le risque est modéré. Mon client mérite effectivement une très lourde peine, mais la perpétuité signifie qu’il ne verra plus jamais la lumière au bout du tunnel".
Après deux heures et demie de délibération, le jury de la cour d'assises de Gand a finalement condamné Jurgen Demesmaeker à 30 ans d'emprisonnement, ainsi qu'à cinq ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP). Il n’écope donc pas de la plus lourde peine.
Les jurés et les juges professionnels ont en effet estimé qu’il y avait des circonstances atténuantes. "L’accusé s’est livré spontanément à la police après les faits et a collaboré à l’enquête judiciaire. Il a ainsi montré qu’il prenait en quelque sorte ses responsabilités".
L’arrêt mentionne aussi la personnalité de sa mère, qui a livré un témoignage très dur sur la personnalité de son fils au tribunal. Les jurés estiment que “la mère est froide, ne fait pas preuve de cette compassion inépuisable que les mères ont en général. Cela a certainement influencé de façon négative le caractère de Demesmaeker. L’absence d’une protection a endommagé les normes sociales du coupable", estiment les jurés.
Les proches d'Ilse Uyttersprot ont réagi avec soulagement à la condamnation. La mère, les deux fils et l'ex-mari de la victime étaient présents lors de l'arrêt. "Il est et restera un assassin. Il gardera cette étiquette jusqu'à la fin de sa vie. C'est très important pour nous", a déclaré l'ex-mari de la victime. "Ces semaines ont été difficiles. Ce que nous devons retenir, c'est que les témoignages ont dressé une très belle image de notre mère. Une femme forte, douce et serviable. Une femme et une maman fantastique aussi", a conclu le fils cadet d’Ilse Uyttersprot.


