La sécheresse de ces dernières semaines a fait rapidement baisser les réserves d’eau accumulées notamment pendant le printemps très pluvieux. Mais bien que les premières mesures préventives aient été activées, il n’y a pas encore de raison de s’inquiéter, indiquait l’hydraulicien Patrick Willems de l’Université de Louvain (KU Leuven) ce lundi sur les ondes de Radio 1 (VRT). "Pour un cours d’eau sur quatre en Flandre le niveau de l’eau est déjà très bas, mais grâce au printemps pluvieux nous ne devons pas encore nous inquiéter".
Les réserves d’eau diminuent à cause de la sécheresse, mais la situation n’est pas inquiétante
Les mois de mars et avril derniers auront été extrêmement pluvieux, comparés à la moyenne de saison. Ce qui a permis aux réserves d’eau et au niveau de la nappe phréatique de monter au-dessus de la normale. Entretemps, cela fait déjà un mois que des précipitations importantes n’ont plus été enregistrées à Uccle et il ne semble pas que de grosses pluies s’annoncent dans les prochains jours.
On peut donc se demander si les précipitations abondantes du printemps auront suffi pour compenser les mois de sécheresse qui nous attendent. "Le temps sec qui perdure depuis mi-mai fait baisser les réserves d’eau rapidement", indiquait au micro de Radio 1 l’hydraulicien Patrick Willems. "Un quart des cours d’eau en Flandre est descendu à un niveau très bas. Mais la situation n’est pas encore inquiétante grâce aux pluies du printemps".
Mesures préventives
Les autorités flamandes ont revu l’état de sécheresse, faisant passer son code vert au code jaune. Il n’y a pas lieu de paniquer, mais bien de prendre quelques mesures préventives.
"Avec l’été sec de l’an passé à l’esprit, nous prenons dès à présent des mesures préventives", indique Patrick Willems. "Lorsque nous sommes passés en août 2022 à une situation très critique, nous nous sommes demandés ce que nous aurions pu faire préventivement. C’est pourquoi nous intervenons plus rapidement cette année".
"Il est toujours bon d’utiliser l’eau de façon parcimonieuse. Nous sommes très vulnérables en Flandre en raison de notre densité élevée de population". L’organisation de coordination Aquaflanders appelle ainsi la population à utiliser l’eau du robinet avec précaution et de ne pas la gaspiller. L’organisation a déjà constaté que la consommation de cette eau augmente, en raison de la canicule.
Provinces d’Anvers et du Limbourg
En certains endroits des provinces du Limbourg et d’Anvers, le niveau de l’eau a déjà baissé jusqu’aux débits écologiques minimaux. C’est la raison pour laquelle la captation sur le Canal Albert et dans les canaux de Campine a été diminuée de moitié. Les centrales hydrauliques dans les écluses du Canal Albert (photo) ont aussi été mises à l’arrêt.
Dans les deux provinces, une interdiction de pompage est entrée en vigueur pour les cours d’eau et les canaux publics impraticables.
Stocker des millions de litres d'eau potable en sous-sol
La société de distribution d'eau flamande De Watergroep veut stocker en sous-sol des millions de litres d'eau potable, en réserve en vue d'étés plus secs. Les premiers résultats d'une étude de faisabilité sont jugés prometteurs.
De Watergroep a déjà expérimenté par le passé le stockage souterrain d'eau potable, avec un site à Dixmude (Flandre occidentale). Mais l'expérience n'a pas été concluante. Une nouvelle étude de faisabilité a été lancée à Audenarde et Alost, en Flandre orientale. L'idée est de stocker à une centaine de mètres de profondeur des centaines de milliers de mètres cubes d'eau potable. L'eau serait injectée en hiver pour être pompée en été.
"Une réserve pour l'été", résume le directeur général de De Watergroep, Hans Goossens. A Alost, un site d'une capacité de 150.000 à 200.000 mètres cubes d'eau potable offrirait une réserve de 150 à 200 millions de litres d'eau, ce qui pourrait couvrir les besoins de 10.000 à 15.000 ménages durant une période de sécheresse. Cela permettrait de diversifier l'approvisionnement de la Flandre, dont la moitié de l'eau potable est actuellement tirée du canal Albert.

