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Le Vlaams Belang lance une feuille de route pour l'indépendance de la Flandre : "Saisir l’élan donné en 2024"

Lors d’un congrès qualifié de "communautaire", qui s’est tenu dimanche à Lierre (province anversoise), le parti d’extrême-droite Vlaams Belang (VB) a présenté un plan par étapes grâce auquel il espère voir aboutir un jour l’indépendance de la Flandre. Le président du parti Tom Van Grieken (photo) estime qu’il faudra saisir notamment l’élan donné en juin 2024, après les élections législatives et régionales. Et il tend la main au parti nationaliste flamand N-VA. "L’indépendance flamande commence avec un gouvernement flamand fort", expliquait la cheffe de groupe à la Chambre, Barbara Pas, dans l’émission dominicale "De Zevende Dag" (VRT). Quant au député fédéral Theo Francken (N-VA), il se dit peu étonné et pas impressionné par la stratégie du VB.

Anne François Belga
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Le parti d'extrême-droite, en tête dans les sondages au nord du pays, a présenté à Lierre une feuille de route sur l'après-élections. Pour le Vlaams Belang, il est crucial que le parti puisse former une majorité flamande avec la N-VA, ont indiqué certains participants au congrès. Faute de quoi, le plan pour l'indépendance de la Flandre tombera à l'eau.

L'élan pour l'indépendance sera donné l'année prochaine, prédit le parti, qui se voir émerger comme le plus important à l'issue des scrutins de juin prochain, ce qui lui donnera l'initiative pour former le futur gouvernement flamand. "De plus, il y a la possibilité que la formation d'un gouvernement fédéral devienne impossible", déclarait dimanche l'eurodéputé Gerolf Annemans (photo archives).

Alors que la N-VA souhaite la scission de la Belgique à partir du niveau fédéral, le Vlaams Belang veut partir du Parlement flamand. Une déclaration de souveraineté y serait votée, après quoi une période de négociations pourrait suivre avec la Wallonie. "Idéalement, un traité de divorce suivra après cette période de négociations, comme nous l'avons vu avec le divorce tchéco-slovaque" en 1992", précisait Gerolf Annemans. Bruxelles deviendrait alors également une partie de la Flandre. C'est la seule solution possible, assure le parti, car la ville est complètement encerclée par le territoire flamand.

Gerolf Annemans (VB)

"Nous offrons aux Bruxellois une ville bilingue dans laquelle les droits des francophones seront pleinement respectés", a assuré le président du VB, Tom Van Grieken. Le projet a des chances de réussir, a-t-il ajouté, car les Bruxellois se rendront compte, selon lui, qu'en tant que partie intégrante de la Flandre, ils ont un avenir plus prospère financièrement. "D'ailleurs, l'amour des Bruxellois pour la Wallonie n'est plus si grand aujourd'hui", a indiqué le président du Vlaams Belang.

Ce qui est crucial dans les plans du parti, c'est la possibilité de former une majorité avec la N-VA au niveau flamand. "Sinon, c'est impossible", ont admis à demi-mots des parlementaires présents au congrès. "Si le président de la N-VA, Bart De Wever, peut facilement former une majorité sans nous, il le fera probablement rapidement. Mais si nous avons une majorité ensemble, la pression interne à la N-VA deviendra grande. Ensuite, De Wever devra choisir entre diriger avec nous ou regarder son parti s'effondrer".

Le Vlaams Belang souhaite consacrer l'année qui vient, avant les élections, pour faire valoir aux Flamands les bienfaits de l'indépendance. L'ancien sénateur Lode Vereeck (photo), devenu conseiller économique du parti, a une nouvelle fois insisté lors du congrès sur les transferts entre la Flandre et la Wallonie. "Le transfert s'élève à 15% du budget flamand", a-t-il dit. "Si nous avions cet argent, ce seraient 8.000 euros supplémentaires chaque année pour une famille (flamande) moyenne", a ajouté Vereeck, avant de dénoncer la mauvaise gestion de la Wallonie.

Lode Vereeck (VB)

Francken : "Personne ne veut négocier avec le VB, sauf peut-être la N-VA"

Interviewé ce lundi dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1, le député fédéral Theo Francken (N-VA) se montrait peu impressionné par le plan de route du Vlaams Belang et les efforts du parti d’extrême-droite flamand pour se rendre plus acceptable aux yeux des autres partis, afin de pouvoir négocier avec eux. A commencer par la N-VA, alors que son président Bart De Wever déclare encore toujours ne pas vouloir négocier avec le VB tant que les éléments extrémistes n’en auront pas été évincés.

"Cela ne l’étonne pas du tout", réagissait Theo Francken. "Le Vlaams Belang fait tout pour avoir l’air plus pragmatique, il a développé une grande stratégie pour se rendre plus 'salonfähig' (‘socialement acceptable’)". Francken n’est pas impressionné et trouve "ironique" que le VB veuille même négocier avec le parti socialiste francophone à propos d’une nouvelle réforme de l’Etat. "Il nous a pourtant critiqué pendant des années pour avoir déjà tenté ce dialogue avec le PS".

Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de différence entre l’approche du Vlaams Belang et celle de la N-VA pour atteindre l’indépendance flamande. Le VB veut négocier depuis le gouvernement flamand, alors que la N-VA préfère des négociations au niveau fédéral. "Avec les francophones ils faut traiter au niveau fédéral. Si vous ne le faites pas, vous initiez immédiatement une nouvelle coalition Vivaldi et cela signifie une atteinte à notre prospérité", estime Francken (photo archives).

Le député fédéral N-VA estime que le Vlaams Belang n’atteindra rien dans le domaine d’une réforme de l’Etat. "Qui viendra s’asseoir à la table si le VB y est assis ? Peut-être nous, la N-VA, mais les autres vont immédiatement s’encourir, à commencer par les francophones". Theo Francken réitérait donc son appel provocateur au Vlaams Belang de ne pas présenter de listes électorales fédérales, afin que les votes nationalistes flamands aillent tous à la N-VA.

Theo Francken (N-VA)

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