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Qu’est-ce qui motive les Bruxellois à apprendre le néerlandais ?

Les habitants de Bruxelles qui apprennent le néerlandais comme langue étrangère sont enthousiastes et veulent surtout pouvoir le parler rapidement et trouver de nombreuses occasions de le pratiquer. Ils suivent les cours pour une série de raisons concrètes et personnelles, mais trois d’entre elles reviennent systématiquement : trouver du travail ou un meilleur emploi, aider leurs enfants à l’école et pouvoir pratiquer des loisirs sans que la langue ne soit une barrière. C’est ce que révèle une étude de motivation menée auprès plus de 4.000 apprenants par het Huis van het Nederlands - La Maison du néerlandais. C’est aussi le témoignage qu’apportaient Valeria, Omar, Stela, Saïd, Marouan et Olivier lors d’une rencontre avec le ministre flamand de l’Intégration Bart Somers et le ministre flamand de Bruxelles Benjamin Dalle (photo), à l’occasion du 20e anniversaire de la Maison du néerlandais.

Anne François
Publié:

Fondée en 2003, la Maison du Néerlandais à Bruxelles a permis d’organiser de façon plus efficace les multiples écoles de Flandre et à Bruxelles qui proposaient des cours de néerlandais, jusque-là sans véritable coordination entre elles. Het Huis van het Nederlands propose non seulement des informations sur les cours existants, mais aussi une aide personnalisée (avec un test de connaissances linguistiques) pour permettre à chaque futur étudiant de trouver le cours qui lui convient au mieux.

La Maison travaille en collaboration avec des centres de formation pour adultes (CVO) et le Centre de formation de base Brusselleer, qui dispensent d’ailleurs une partie de leurs cours dans ses locaux bruxellois. Ces dernières années le nombre de candidats qui ont poussé la porte de la Maison du Néerlandais a sensiblement augmenté, notamment à la suite de l’arrivée de demandeurs d’asile.

Pourquoi étudient-ils le néerlandais ?

A l’occasion de ses 20 ans d’existence et pour pouvoir encore mieux adapter son offre à la demande concrète des Bruxellois qui estiment qu’il est important pour eux d’apprendre le néerlandais, la Maison a réalisé une étude de motivation auprès de 4.139 apprenants. Elle en présentait les résultats tout récemment en compagnie de six d’entre eux - Valeria, Omar, Stela, Saïd, Marouan et Olivier -, qui faisaient part de leur expérience et leurs aspirations aux ministres flamands de l’Intégration Bart Somers et des Affaires Bruxelloises Benjamin Dalle.

"Apprendre le néerlandais est l’un des morceaux du puzzle de vie des adultes qui vivent dans cette ville remplie de diversité qu’est Bruxelles. Pour poursuivre leurs efforts, ils ont besoin d’expériences positives et d’une confirmation rapide que l’apprentissage du néerlandais peut vraiment faire toute la différence pour eux", constate Els Deslé, directrice de la Maison du néerlandais à Bruxelles.

Les six adultes qui témoignaient en présence des deux ministres flamands étudient le néerlandais dans un but très personnel et concret. "J’apprends le néerlandais pour donner toutes les chances à ma fille", expliquait Stela. "J’aime parler et cela me fait plaisir de participer à des activités intéressantes tout en apprenant le néerlandais", indiquait Omar.

Saïd a un projet original : "Je dirige une entreprise de nettoyage dont la plupart des employées ont peu de temps en-dehors du travail. Je voudrais qu’elles découvrent le néerlandais. J’organise donc des tables de conversation sur le lieu de travail". Quant à Olivier, il a déménagé de France en Belgique. "Pour mon travail, je n’ai pas besoin du néerlandais, mais bien pour m’intégrer encore mieux dans ce pays trilingue".

Pour le travail, les enfants et les loisirs

L’étude de motivation réalisée par het Huis van het Nederlands démontre que les Bruxellois qui apprennent le néerlandais ont de grandes attentes et sont convaincus qu’il est important de maîtriser cette langue dans la capitale bilingue. Quelque 93% d’entre eux estiment que "le néerlandais est important à Bruxelles".

"L’étude révèle aussi que les Bruxellois apprennent le néerlandais en vue d’un avenir meilleur. Trouver un (meilleur) emploi est la première raison pour laquelle ils suivent ces cours de langue. Il y a effectivement beaucoup de postes vacants pour des emplois néerlandophones à Bruxelles, mais aussi en Flandre. Apprendre le néerlandais donne donc davantage d’opportunités, ce qui est très positif. Et cela ne peut que fortifier notre marché de l’emploi", estime le ministre flamand de l’Intégration et du Vivre ensemble, Bart Somers (photo, au centre).

Le ministre flamand de Bruxelles Benjamin Dalle (photo, à g.) ajoutait : "L’étude de la Maison du néerlandais indique également que les Bruxellois qui suivent des cours de langue veulent souvent aussi pouvoir aider et suivre le travail de leurs enfants qui vont dans une école néerlandophone. Mais la maîtrise du néerlandais leur permet aussi de bénéficier du large éventail d’activités de loisirs que la capitale offre en néerlandais. Nous devons donc permettre à tout Bruxellois d’avoir accès facilement à des cours de néerlandais et à une pratique de la langue". L’étude a été financée par le gouvernement flamand, dans le cadre de sa politique d’intégration à Bruxelles.

Les ministres Benjamin Dalle (à g.) et Bart Somers en discussion avec six apprenants, le 1er juin dernier à La Tricoterie à Bruxelles

Multiplier les occasions de pratiquer la langue

Trouver un (meilleur) emploi, aider ses enfants à l’école, participer à des activités de loisirs en néerlandais, pouvoir étendre son cercle de connaissances et mieux communiquer avec son entourage : ce sont les raisons principales qui poussent les Bruxellois à apprendre le néerlandais. Mais en plus des cours, ils veulent surtout pouvoir pratiquer rapidement ce qu’ils ont appris en classe.

Or, pour les élèves qui apprennent le néerlandais à Bruxelles, le plus difficile est souvent de trouver des occasions de le pratiquer. Une majorité d’habitants dans la capitale parlent en effet le français ou d’autres langues, et les néerlandophones qui y résident ou travaillent sont souvent prompts à passer au français ou à l’anglais lorsqu’ils entendent que leur interlocuteur ne maîtrise pas encore bien le néerlandais. Une courtoisie qui ne permet que difficilement aux étudiants d’améliorer leur pratique de la langue. C’est un problème que connaissent nettement moins les autres Maisons du Néerlandais, installées en Flandre ou en périphérie bruxelloise.

Les cours dispensés dans le cadre de la Maison bruxelloise sont donc tout particulièrement axés sur la pratique du néerlandais usuel. Het Huis multiplie les initiatives pour permettre aux apprenants de mettre en pratique ce qu’ils ont déjà appris. Elle organise notamment des tables de conversation baptisées "Patati" et "Skype Babbelut" et a conçu le jeu "Plonge" qui permet aux jeunes dès 16 ans de découvrir Bruxelles de façon interactive. Elle organise également à l’automne une grande fête linguistique "Allez : NL" pour apprendre le néerlandais via des dizaines d’activités.

La directrice Els Deslé conclut donc que, avec ses partenaires, la Maison du néerlandais doit encore multiplier les occasions pour les apprenants de pratiquer leurs acquis, tout en gardant à l’esprit le but que chacun d’entre eux s’est fixé en commençant à suivre les cours. L’étude de motivation démontre en effet que les étudiants qui reçoivent un accompagnement pour atteindre le but qu’ils se sont fixé grâce à l’apprentissage du néerlandais ont de meilleures chances de réussir.

Het Huis van het Nederlands - La Maison du néerlandais Rue Philippe de Champagnes 23 1000 Bruxelles info@huisnederlandsbrussel.be +32 (0)2 313 96 00

https://www.huisnederlandsbrussel.be/fr/

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