Le MOU, le musée de la ville d'Audenarde (Flandre orientale), a acheté une tapisserie historique. Une maison de vente aux enchères française l'a vendue à la ville pour 20 000 euros. Cette tapisserie fait partie d'une série d'une collection de huit sur l'histoire d'Alexandre le Grand. Le Mou en possédait déjà quatre, celle-ci est maintenant la cinquième. Il est exceptionnel que de telles tapisseries soient vendues.
Audenarde achète une tapisserie historique lors d'une vente aux enchères en France
"Deux dignitaires rendant hommage à Alexandre le Grand". Tel est le nom de la tapisserie historique achetée par la ville d'Audenarde (en néerlandais Oudenaarde) à la maison française Rouillac. Cette tapisserie est la cinquième d'une série de huit, dont la ville d'Audenarde possédait déjà quatre exemplaires. "Nous appelons cette série de quatre l'"Histoire d'Alexandre". Elles représentent plusieurs épisodes importants de l'histoire du roi macédonien", explique la conservatrice Geertrui Van Kerkhoven. "C'est l'une des séries de la plus haute qualité qu'Audenarde ait jamais produite.
1580
Du XVe au XVIIIe siècle, la cité scaldienne était réputée pour la qualité de ses tapisseries. C'est surtout au XVIe siècle que la production et l'exportation mondiale de ce produit de luxe atteignent leur apogée. Audenarde était alors l'un des plus grands centres de la tapisserie, avec Arras, Tournai, Bruxelles, Gand et Bruges. "La tapisserie d'Alexandre le Grand date d'environ 1580, à l'époque glorieuse de l'art de la tapisserie à Audenarde", explique Geertrui Van Kerkhoven.
Des couleurs éclatantes
Selon la conservatrice du MOU, il s'agit d'un magnifique exemplaire : "La tapisserie représente Alexandre lui-même, avec deux supposés dignitaires qui rendent hommage au grand roi. Elle est fantastiquement bien conservée, même les couleurs sont incroyablement bien préservées, ce qui est souvent un problème avec les tapisseries anciennes", explique Geertrui Van Kerkhoven.
"Une vente aux enchères par téléphone"
La ville a pu acquérir la tapisserie par l'intermédiaire d'une maison de vente aux enchères française, et ce par téléphone.
"Nous ne sommes pas allés sur place, mais nous avons obtenu de belles photos avec une bonne résolution. Sur cette base, nous les examinons avec un expert et procédons à un éventuel achat ou à une offre."
Geertrui Van Kerkhoven en a fait l'expérience : "C'était très excitant parce que c'était par téléphone et que quelqu'un faisait une offre. Lorsque nous sommes arrivés à 20 000 euros, j'ai eu une petite frayeur'". Mais finalement, Audenarde a pu acheter la tapisserie à ce prix. "C'est une somme considérable, bien sûr, mais si vous comparez cela à l'achat de peintures, c'est le prix d'une toile du XVIe siècle".
Encore trois ?
Les trois autres tapisseries de la série seront-elles également achetées ? "Ce sera difficile. Les archives nous apprennent qu'il y en avait huit, mais qu'elles ont été vendues au fil du temps et que les séries ont été éparpillées. Il est donc très rare que cette tapisserie se retrouve encore sur le marché. La dernière fois que nous avons acheté une tapisserie de la série c'était en 2019. C'est à cette date que nous avons acheté la quatrième tapisserie de la série chez Sotheby's à New York. Les trois premières ont été achetées il y a au moins 20 ans", conclut Mme Van Kerkhoven.
La tapisserie arrivera à Audenarde dans les semaines à venir, et sera magnifiquement présentée. À partir de la mi-juillet, tout le monde pourra venir l'admirer au MOU , situé dans l’hôtel de ville d’Audenarde.
