Le gestionnaire de l'infrastructure gazière Fluxys fait actuellement construire une nouvelle canalisation (photo) de 44 km de long entre Desteldonk en Flandre orientale et Opwijk en Brabant flamand. L'infrastructure pourra non seulement transporter du gaz naturel - en quantité double du port de Zeebrugge vers l’Allemagne -, mais également, à l'avenir, de l'hydrogène. Fluxys qualifie ces travaux de "chantier de la décennie", qui devrait être terminé d’ici la fin de cette année.
Fluxys pose les "canalisations du futur", prêtes pour l’hydrogène
Fluxys dispose déjà d'un gazoduc souterrain qui relie le hub de Zeebrugge à la frontière allemande. Il passe par Bruges, Gand, Opwijk et la grande jonction de Winksele près de Louvain, puis il continue vers Liège et Eynatten, au-delà de la frontière belgo-allemande. La nouvelle canalisation doit être posée juste à côté de la première, ce qui rend la demande de permis et la pose du gazoduc nettement plus aisées.
Si le tronçon entre Bruxelles et l'Allemagne est doublé, ce n'est pas encore le cas entre Zeebrugge et Bruxelles. La pose d'une seconde canalisation est cruciale pour l'approvisionnement en gaz de notre pays et des pays voisins, en particulier l'Allemagne (où la quantité acheminée sera doublée), qui compte en partie sur le gaz transitant par Zeebrugge pour remplacer le gaz qui venait par gazoducs de Russie.
Fluxys acheminera ainsi environ 15 gigawattheure d’énergie supplémentaire vers l’Allemagne. Une quantité comparable à quinze fois la production du réacteur nucléaire Doel 4, le plus grand du pays.
Transport d’hydrogène aussi
La nouveauté, c'est que la canalisation en cours de construction pourra également servir au transport d'hydrogène, vecteur essentiel dans la transition énergétique en cours. À terme, Fluxys entend utiliser son réseau de plus en plus pour le transport d'hydrogène, en remplacement du gaz naturel.
La volonté est de contribuer à faire de la Belgique l'un des hubs européens en matière d'hydrogène, idéalement vert. C'est la première fois que Fluxys fait poser des conduites à double usage (gaz et hydrogène). En principe, l'hydrogène pourrait y circuler à partir de 2026.
La ministre fédérale à l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen) a présenté en début d’année une proposition de loi qui doit permettre à Fluxys d’agir en tant que gestionnaire du nouveau réseau d’hydrogène.

