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Visite belge à Niamey : "Le Niger est un partenaire important de la Belgique"

Les ministres de la Coopération au développement Caroline Gennez et de la Défense Ludivine Dedonder effectuent une mission de deux jours à Niamey, la capitale du Niger. Sur place, elles entendent renforcer les liens qui unissent la Belgique et ce pays de l'Afrique de l'Ouest. "Le Niger est et restera un partenaire belge important", insiste Caroline Gennez. Les deux ministres rencontrent notamment leurs homologues et le président de la République Mohamed Bazoum. La visite s'inscrit dans le cadre d'une "approche 3D" : Développement, Diplomatie et Défense. VRT NWS obtenait une interview exclusive avec le Général Abou Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix.

Anne François Belga
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Aux prises depuis de nombreuses années avec les djihadistes actifs dans le Sahel, les autorités nigériennes comptent sur les soutiens de nombreux partenaires, dont la Belgique. "Nous ne pouvons pas nous permettre de nous retirer lorsque les choses deviennent difficiles. Il est naïf de penser que l'insécurité croissante dans ce pays n'aura pas d'impact sur nous en Europe et en Belgique. Auparavant, l'État islamique était aussi le problème du Moyen-Orient et des États-Unis. Cela ne les a pas empêchés de commettre des attentats en Europe. Certains problèmes semblent toujours très éloignés jusqu'à ce qu'ils se retrouvent soudain à votre porte", prévenait Caroline Gennez (photo).

La ministre de la Coopération au développement ajoutait par ailleurs que "nous pouvons continuer à construire des écoles et des hôpitaux, mais cela ne servira pas à grand-chose si les enfants et les gens ne peuvent pas s'y rendre en toute sécurité. Nous pouvons former et financer l'armée, mais elle ne peut pas faire son travail s'il n'y a pas d'infrastructures ou de services sociaux pour elle et ses familles. Il faut un environnement sûr. Sinon, notre solidarité n'est rien d'autre qu'une promesse vide".

La ministre de la Défense insiste particulièrement sur la coopération avec les forces nigériennes sur place. "La Défense travaille en fonction des besoins locaux, forme des instructeurs locaux et les accompagne dans la mise en œuvre de leurs connaissances sur le terrain. Cette collaboration unique rend les forces de sécurité locales et la population plus confiantes dans les méthodes et les résultats", expliquait Ludivine Dedonder.

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Projet Torodi, une "approche 3D"

La montée de l'extrémisme au Niger est aussi fortement liée à la situation socio-économique du pays, qui compte quelque 21 millions d'habitants. C'est pourquoi la Belgique a décidé d'adopter une approche 3D dans la région, avec l'objectif de renforcer la diplomatie, la défense et le développement "pour rendre le système étatique et la population du Niger plus résilients".

Sur place, les deux ministres belges rencontraient ce vendredi après-midi le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération nigérien Hassoumi Massaoudou, le ministre de la Défense Alkassoum Indatou ainsi que le Général et président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP) Abou Tarka.

Ensemble, ils voulaient mettre en avant le projet Torodi, ville de la région de Tillaberi. "Un projet qui illustre l'approche 3D". Dans le cadre du programme de coopération avec le Niger (2022-2027), la Belgique met en place une approche globale pilote, réunissant les trois D, le secteur privé et la société civile. Le projet Torodi vise ainsi à assurer la protection sociale, à réduire les inégalités sociales dans les domaines de la santé et l'éducation, mais aussi, sur le plan économique, à promouvoir le développement de l'agropastoralisme, ainsi que l'esprit d'entreprise chez les jeunes. Le projet prévoit aussi un volet sécurité et développement, avec un engagement à mieux encadrer l'infrastructure de sécurité et les capacités de l'État nigérien.

L'agence de développement belge Enabel travaille en étroite collaboration avec les autorités locales de Torodi pour mettre en place des infrastructures sociales, telles que l'éducation et les soins de santé, et créer des opportunités d'activités économiques, telles que la production et la vente de légumes et de bétail. La Défense prend en charge la formation, l'équipement et la construction de postes de commandement pour la police locale et l'armée nigérienne. Cela leur permet d'avoir et de maintenir une présence visible.

La diplomatie belge entretient quant à elle des relations privilégiées avec les autorités centrales de Niamey et contribue à la coordination entre la capitale et les autorités locales. Une présentation de la coopération militaire entre la Défense belge et la Gendarmerie nigérienne est au programme de la journée de samedi. La Belgique est déjà présente depuis plusieurs années sur le sol nigérien. Les militaires belges sont d'ailleurs présents sur place pour former une partie des gendarmes nigériens.

Le Général Abou Tarka, homme de dialogue

Dans le pays africain très pauvre aux prises avec des violences ethniques, le Général Abou Tarka est ministre et président de la Haute Autorité pour la Consolidation à la Paix (HACP), un organe qui tente de protéger les groupes de population contre les djihadistes. La journaliste Katrien Vanderschoot (VRT NWS) a obtenu une interview exclusive du Général.

Abou Tarka souligne notamment l’importance de créer une infrastructure économique dans le pays, pour lui permettre de se développer et de sortir de la misère. Mais aussi pour enlever aux djihadistes le sentiment d’injustice et de discrimination, et donc leur raison de commettre des attentats.

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