Les employés transgenres de la ville de Gand pourront bientôt bénéficier de 20 jours de congé supplémentaires pendant leur processus de transition. Le processus de changement de sexe peut prendre des années et les consultations ne peuvent parfois avoir lieu que pendant les heures de bureau. "Après une enquête anonyme auprès de notre personnel, nous avons appris qu’il y avait une demande pour une politique plus diversifiée sur le plan du genre", explique l'échevine du personnel Hafsa El-Bazioui (Groen).
Les fonctionnaires de l’administration flamande bénéficiaient déjà de jours de congé pour leur processus de de changement de sexe, c’est à présent aussi le cas pour les employés de la ville de Gand. Les personnes transgenres bénéficieront de 20 jours de congé pour les consultations nécessaires au cours du processus de changement de sexe. Pour les interventions chirurgicales, ce sont les congés de maladie et les congés normaux qui sont d’application.
"Le processus peut prendre des années et est parfois difficile pour les personnes transgenres", explique l'échevin El-Bazioui. "Nous avons étendu notre politique d'inclusion du personnel pour les soulager. Nous ne leur donnons donc pas de droits supplémentaires, mais nous leur apportons notre soutien."
"Nous avons constaté qu'il existait une demande pour l'adoption d'une politique spécifique en matière de diversité. Nous avons donc commencé à discuter avec des experts et des organisations de la société civile. Une enquête anonyme nous a également appris que sur nos 7 000 fonctionnaires, au moins 125 s'identifiaient déjà comme LGBTQIA+."
Le langage utilisé dans les politiques du personnel devient également plus neutre, avec, par exemple, "congé d’accouchement" au lieu de "congé de maternité", et "congé de naissance" au lieu de "congé de paternité".
"20 jours de congé c'est un strict minimum"
Lisa, une transgenre qui est elle-même employeur, est assez satisfaite de la nouvelle politique, même si elle estime que 20 jours sont un strict minimum. "Il y a un nombre incroyable de rendez-vous pendant le processus de transition : avec l'endocrinologue, le psychologue, pour l'épilation au laser ou l'orthophoniste... et il ne s'agit là que des aspects pratiques. Il faut aussi tenir compte du processus mental, qui est très intense."
Joy Van de Cauter, médecin du travail menant des recherches à l'UGent sur les besoins des personnes transgenres sur le lieu de travail, est d'accord avec le témoignage de Lisa. "Il ne faut pas sous-estimer la charge psychosociale pendant la transition", dit-elle.
"L'aide à la consultation et à la libération des services est une bonne chose, mais on peut faire plus, et c'est ce que nous voulons faire avec notre recherche. Nous aimerions répondre aux besoins en cas d'absence de travail et savoir comment le travail peut être repris de manière efficace. Ainsi, dans le cadre de la médecine du travail, nous pouvons accroître le bien-être au travail et préserver la santé".
Une société encore très binaire
Alors que de plus en plus de personnes se définissent en dehors de la binarité homme/femme, certaines entreprises s’approprient cette évolution sociétale en promouvant la diversité de genre. Toutefois notre société reste encore très binaire sur le lieu de travail.
"Notre société pense encore de manière très binaire", estime Joy Van de Cauter. "Le fait que la charge psychosociale - pensez à la discrimination et à la stigmatisation - puisse encore être très élevée est aussi la raison pour laquelle les entreprises s'engagent en faveur d'un climat de diversité et d’inclusion"
"Je pense qu'en tant que médecin du travail, nous pouvons non seulement offrir un soutien à l'employeur, mais aussi jouer le rôle de médiateur entre les consultations et les adaptations du travail. Tout cela en fonction des besoins du patient, mais toujours en équilibre avec ce que l'employeur peut offrir".
