Jamais autant de personnes n'avaient quitté Bruxelles pour la Flandre qu'au cours de l'année écoulée, rapporte CIB Vlaanderen, la Confédération flamande des professionnels de l'immobilier. Au total, cet exode concerne 24.165 Bruxellois. La hausse des prix de l'immobilier, mais aussi la crise de l'énergie expliquent ce pic.
Un record : 24 165 Bruxellois ont quitté la capitale pour s’installer en Flandre
Avec 73.519 personnes, jamais autant d'habitants n'avaient déménagé d'une région à l'autre dans notre pays. Mais c'est le déménagement des Bruxellois vers la Flandre qui remporte la palme.
Selon CIB Vlaanderen, ce n'est pas une coïncidence si des chiffres records ont été enregistrés en 2022 en particulier. "Sur les 575 000 logements bruxellois, 85 % ont été construits avant les années 1960", explique Kristophe Thijs, directeur de la communication de la CIB.
Le manque de place pour les néerlandophones dans l'enseignement bruxellois est de plus en plus utilisé comme argument pour déménager en Flandre.
Kristophe Thijs, directeur de la communication de la CIB
Des logements énergivores à Bruxelles
"Trente pour cent des logements ne sont même pas isolés et obtiennent le pire score possible, au certificat PEB (performance énergétique des bâtiments).
Deux maisons bruxelloises sur trois ont une étiquette énergétique E, F ou G. Ajoutez à cela le fait qu'à Bruxelles, même ces maisons énergivores ont un prix très élevé. Le prix moyen d'une maison à Bruxelles est supérieur de plus de 200 000 euros au prix moyen en Flandre et de plus de 300 000 euros au prix moyen en Wallonie. De plus en plus de Bruxellois choisissent le rapport qualité-prix".
Mais d'autres facteurs que les coûts d'achat et d'énergie entreraient en ligne de compte. "Les bureaux immobiliers nous disent aussi de plus en plus que l'enseignement, et plus particulièrement le manque de place pour les enfants néerlandophones dans l'enseignement bruxellois, est utilisé comme argument pour déménager en Flandre."
Droits d’enregistrement
Selon CIB Vlaanderen, la tendance ne s'atténuera pas dans les années à venir. L'exode des Bruxellois est en augmentation quasi continue depuis une décennie. En 2012, le nombre de personnes quittant la capitale pour la Région flamande était encore inférieur de plus de 7 000, soit environ 16 800. Les droits d’enregistrement rendraient également Bruxelles moins attrayante, selon CIB Vlaanderen.
"Après tout, un résident bruxellois ne paie pas seulement cher pour acheter un bien immobilier, il est également lourdement taxé sur ce bien. Par exemple, il doit payer 3 % de droits d'enregistrement en Flandre mais 12,5 % à Bruxelles. Toutefois Bruxelles compense cette différence par des abattements (somme sur laquelle aucune taxe n'est payée). À partir de 2023, cet abattement s'appliquera aux premiers 200 000 euros, mais comme nous l'avions déjà signalé l'année dernière, cela ne semble être qu'une goutte d'eau dans l'océan", déclare Kristophe Thijs.
