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La Flandre veut protéger ses friteries les plus typiques, notamment à Bruges

Le ministre flamand du Patrimoine Matthias Diependaele (N-VA) appelle les villes, communes et exploitants du nord du pays à signaler les friteries jugées dignes d'être protégées. Il donnait tout récemment, au Musée brugeois de la frite, le coup d’envoi de cette nouvelle campagne de protection du patrimoine. Les friteries ne sont pas encore menacées de disparition, mais leur nombre diminue d’année en année. Le ministre veut donc protéger les plus monumentales et typiques d’entre elles.

Anne François Belga
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"A la fin des années 1950, il y avait encore 20.000 friteries en Flandre. Aujourd’hui on n’en trouve plus de 5.000", indiquait à Radio 2 le professeur Yves Segers du Centre d’histoire agricole de l’Université de Louvain (KU Leuven). C’est la raison pour laquelle le ministre du Patrimoine Matthias Diependaele souhaite protéger les plus authentiques d’entre elles.

En 2014, la Communauté flamande a reconnu la culture du "fritkot" (c’est ainsi que l’on appelle les friteries en Flandre) comme patrimoine culturel immatériel. La Fédération Wallonie-Bruxelles a fait de même en 2016. Au printemps 2017, c'était au tour de la Communauté germanophone et de la Région bruxelloise. L'Agence flamande du patrimoine examine actuellement quelles "baraques à frites" pourraient être reconnues comme monuments, au même titre que des églises ou des châteaux.

"Les friteries contribuent à définir le paysage urbain de nos villages et nos villes", souligne le ministre Diependaele (N-VA). "Certaines sont tellement iconiques pour notre culture de la frite qu’elles doivent être conservées. Nous allons protéger les friteries qui restent le plus ancrées dans l’esprit des Flamands. Il ne s’agit pas de l’infrastructure technique qui sera protégée, étant donné que la sécurité alimentaire et la santé des consommateurs priment. Les critères de sélection retenus seront notamment l’endroit où est installée une friterie, la vue qu’on a depuis cette baraque, et puis l’histoire qui se cache derrière une implantation".

Les friteries de la Grand-Place à Bruges ont de bonnes chances

"Je veux impliquer activement les autorités locales flamandes dans l'identification des friteries les plus historiques. Il n'est évidemment pas question de tout protéger. Nous ne choisirons que les vraies petites perles", explique Matthias Diependaele. Pour être reconnue comme historique, la friterie devra avoir connu une certaine tradition et avoir été exploitée au moins depuis 1985.

Les deux friteries iconiques situées au pied du beffroi de Bruges (Flandre occidentale) ont certainement de bonnes chances d’être reprises dans la liste du ministre du Patrimoine. "Je pense que tous les touristes qui viennent à Bruges connaissent l’histoire derrière ces deux friteries. Notre culture de la frite fait partie de notre culture culinaire et de notre identité collective".

Pour les exploitants des friteries, une protection comporte des avantages comme des désavantages. Elles bénéficieront d’une aide financière, mais chaque transformation devra faire l’objet d’une autorisation.

Les villes, communes et exploitants de friteries peuvent d’ores et déjà introduire une demande de protection. Il faudra encore un an avant que cette protection soit effective.

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