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Coups de poing, crachats, insultes : les agressions dans le football seront punies plus sévèrement en Flandre

Cette saison, près de 7 000 cas d'agression verbale ou physique ont été signalés sur les terrains de football, en Flandre. La fédération flamande de football Voetbal Vlaanderen a décidé de réagir : les sanctions contre les auteurs de ces agressions seront deux fois plus lourdes. Cette mesure fait partie de la campagne #doedegijdatthuis?

Eric Steffens
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Coups de poing au visage d'un supporter, un coup de pied dans l'estomac d'un joueur, un crachat sur l'arbitre, .... pas un week-end ne passe sans qu’une nouvelle agression se produise quelque part en Flandre sur un terrain de football. Le phénomène n’est pas nouveau, mais prend de l’ampleur : au total, Voetbal Vlaanderen a reçu 6.801 plaintes cette saison. "Nous ne pouvons plus tolérer cela", a déclaré le directeur général Philippe Rosier.

"Apparemment, ces formes d'agression sont ancrées dans notre culture footballistique. Mais nous ne pouvons plus nous contenter de cette explication", déclare-t-il fermement.

"Parallèlement à toutes nos actions de sensibilisation, il est temps de renforcer les sanctions. Les agressions n'ont pas leur place et seront punies deux fois plus sévèrement à partir de la saison prochaine".

"Le football est bien sûr un sport de contact, et il arrive parfois que deux joueurs s’accrochent au cours d’un match. Mais ce n'est pas vraiment de cela qu'il s'agit. Il s'agit de comportements où la violence physique et verbale est utilisée qui n'ont pas leur place sur un terrain de football", a précisé Philippe Rosier dans l’émission "De ochtend" (VRT).

Les agressions n'ont pas leur place et seront punies deux fois plus sévèrement à partir de la saison prochaine

Philippe Rosier, directeur général de Voetbal Vlaanderen

Il y a notamment les agressions envers les arbitres, explique encore Philippe Rosier : "être arbitre, c'est un hobby fantastique. Nous faisons beaucoup de campagnes pour en recruter. Nous formons de jeunes arbitres, mais s'ils doivent faire face à des agressions lors de leur premier match.... Comment faire, en tant que fédération, pour encore recruter".

Cela commence aussi chez les jeunes. "On a vu lors du Covid qu'il y avait moins d'agressions quand il y avait moins de parents autour du terrain. Car ce sont souvent les parents qui posent problème".

"Comment cela se fait-il ? Le football est un sport très populaire, très accessible, où des joueurs de milieux très différents se rencontrent : différents niveaux d'éducation, différents milieux sociaux. Nous mettons un point d'honneur à ce que tout le monde soit le bienvenu".

On a vu lors du Covid qu'il y avait moins d'agressions quand il y avait moins de parents autour du terrain. Car ce sont souvent les parents qui posent problème.

Philippe Rosier, directeur général de Voetbal Vlaanderen

Mais chaque cas est un cas de trop, Philippe Rosier précise que tous ces incidents portent sur 330 000 matches par saison. Ainsi, 2 % d'entre eux impliquent un incident.

Pour lutter contre les agressions, Voetbal Vlaanderen déploie beaucoup d'efforts pour sensibiliser. "Depuis plusieurs mois, nous menons la campagne #doedegijdatthuis ? Ce que l'on ne fait pas à la maison n'a pas sa place sur un terrain non plus. Nous voulons changer la culture. Ce n'est pas toujours facile. La bonne nouvelle, c'est que la sensibilisation fonctionne".

"Deuxièmement, nous nous engageons à donner des conseils aux victimes. Chaque cas individuel est traité par le service d'assistance téléphonique. Nous jouons souvent le rôle de médiateur.

"Et si cela ne fonctionne pas, il faut s'adresser à un organe disciplinaire. Cette instance utilise un tableau indicatif et nous avons décidé de punir beaucoup plus sévèrement les actes liés à l'agression. C'est la dernière partie du processus. Il ne s'agit pas seulement de joueurs, mais aussi de supporters, de dirigeants de club, d’entraîneurs..."

Quelques exemples des nouvelles sanctions

  • Un coup de poing délibéré, qui n’est pas porté au visage et n'entraîne pas de blessure : la sanction passe de 3 à 6 jours de suspension.

  • Un coup de poing délibéré au visage était auparavant sanctionné d'une suspension de 6 semaines. Désormais, l'agresseur risque une sanction plus lourde qu’une suspension de 8 matchs.

  • Un coup de pied délibéré et brutal nécessitant un remplacement passe d’une suspension de 4 à 8 matchs.

  • Pour des menaces physiques à l'arbitre : la sanction passe d’une suspension de 5 à 8 matchs.

La fédération souligne l'importance du contexte spécifique de l'incident et de certaines circonstances.

Par exemple, un coup de poing en réponse à une insulte verbale grave peut être puni différemment d'un coup de poing qui est donné sans raison.

Il appartient encore toujours au Parquet d'ordonner la sanction et à la Commission de discipline de Voetbal Vlaanderen de se prononcer sur la sanction. Elle tiendra compte de tous les aspects de l'incident.  

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