Le gouvernement bruxellois réuni ce jeudi a confirmé que le projet de Métro 3 Nord-Bordet était un élément structurant de sa politique de mobilité et de développement territorial. Il n'a cependant pas encore pris position sur le dossier, après des informations faisant état d'une hausse significative des montants pour la réalisation de cette branche nord du réseau souterrain. La Région bruxelloise a l’intention de demander des fonds accrus au gouvernement fédéral pour mener à bien le projet. Ce dernier comprend un tunnel de 4,5 km de long et sept stations souterraines.
Le gouvernement bruxellois demande plus de fonds au fédéral pour la nouvelle ligne de Métro 3
Le gouvernement bruxellois prendra position sur le dossier "sur base de l'analyse et des recommandations de Beliris (l’instance de coopération entre la Région capitale et le fédéral pour des projets de construction, notamment), des bureaux d'études et de la société bruxelloise de transports en commun STIB, et sur base du dialogue avec le gouvernement fédéral et de l'évaluation des pistes financières pour assurer la pérennité du financement du métro".
Beliris a informé lundi la Région bruxelloise de la réception de deux offres commerciales pour le "génie civil du tunnel et des stations" du projet de métro entre la Gare du Nord et Bordet. "Après une première analyse par Beliris, il apparaît que le montant des offres dépasse très largement les estimations actualisées. Au début de 2022, la réalisation du tronçon Nord-Bordet était évaluée à 1,5 milliard d’euros. Les offres reçues par Beliris portent ces coûts à presque 2,5 milliards d’euros. La ministre fédérale Karine Lalieux, en charge de Beliris, affirme ne pas être surprise : "La guerre en Ukraine dure depuis plus d’un an et les matières premières sont devenues plus chères. Il s’agit ici d’un immense chantier. La hausse des coûts est donc très importante".
"Le gouvernement entend prendre ses responsabilités tant pour le développement d'offre de transport public que de soutenabilité budgétaire", ont précisé les ministres bruxellois, à l'issue de la réunion. L'exécutif bruxellois a encore précisé qu'il souhaitait entamer un dialogue avec le gouvernement fédéral et Beliris auquel il demande de lui "fournir une analyse approfondie des offres permettant d'identifier de manière objective les raisons du décalage entre les estimations actualisées et les offres commerciales".
L'équipe du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a par ailleurs indiqué qu'elle demanderait au Fédéral d'examiner sa capacité de participation plus importante à ce projet de métro Nord. Elle dit constater que dans la plupart des pays, les villes capitales sont soutenues très substantiellement par l'État et /ou les entités territoriales les entourant pour la construction d'infrastructures de métros qui servent le développement économique global des territoires.
