L'usine pilote "Bio Base Europe Pilot Plant", basée dans le port de Gand développe des produits de nettoyage à base de pelures de pommes de terre, de pulpe de betterave sucrière et de déchets alimentaires provenant des supermarchés. Le nouveau nettoyant universel et le nettoyant pour toilettes ont été mis sur le marché, ce lundi. Le développement a été réalisé grâce à un fonds de près de 7 millions d'euros, auquel l'industrie et la Commission européenne ont contribué. Les deux nouveaux produits sont les premiers résultats des nouvelles innovations.
A Gand une usine pilote fabrique de produits de nettoyage à partir d'épluchures de pommes de terre et de déchets alimentaires
L’installation industrielle "Bio Base Europe Pilot Plant" , basée à Gand, est une usine pilote flexible et diversifiée, spécialement conçue pour le développement, la mise à l'échelle et la fabrication sur mesure de procédés et produits d'origine biosourcée par voie biotechnologique.
Cette installation indépendante est en outre accessible à toutes les entreprises et instituts de recherche à travers le monde. Elles peuvent y mener des expériences à grande échelle pour voir si elles peuvent réellement atteindre le marché.
L'usine bénéficie d'un soutien européen et peut désormais présenter deux produits qui seront mis en vente à partir d'aujourd'hui, en édition limitée. Il s'agit d'un nettoyant universel et d'un nettoyant pour toilettes fabriqués à partir de déchets alimentaires.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Les produits de nettoyage sont en fait constitués de déchets alimentaires ayant subi toutes sortes de processus chimiques.
"Nous travaillons notamment avec des déchets de supermarchés. Il s'agit de produits déjà abîmés ou sur le point d'être périmés. Jusqu'à présent, ils étaient utilisés pour produire du biogaz. Mais nous allons plus loin", explique Sophie Roelants, directrice commerciale d'AmphiStar, une spin-off de la BBEPP et de l'UGent qui collabore au développement.
"Les déchets alimentaires subissent un traitement qui leur permet de contenir beaucoup de sucre. Nous y libérons des micro-organismes. Ce sont des êtres vivants qui, comme les humains, aiment manger du sucre", explique Sofie Lodens de la BBEPP. Elle dirige le projet. "Les micro-organismes transforment les sucres en bio-détergents. Nous pouvons les utiliser comme agents de nettoyage", explique Sophie Roelants. Grâce à la technologie d'une autre entreprise, TripleW, il est également possible d'extraire des acides lactiques des déchets.
Les développeurs utilisent les déchets des supermarchés et travaillent également avec des entreprises qui fabriquent des frites ou des croquettes. Les pelures de pommes de terre sont une matière première importante pour les produits de nettoyage. "Il y a en fait beaucoup de matière première disponible", souligne Sophie Roelants.
Quel est l'impact ?
Les nouveaux produits sont fabriqués en édition limitée. Il s'agit d'un test visant à démontrer que les processus et les innovations donnent les résultats escomptés. Le nouveau nettoyant universel est ainsi composé à 97 % de déchets alimentaires, contre 81 % pour le nettoyant pour toilettes. C'est la société belge Ecover qui commercialise ces produits. Auparavant, elle avait également lancé un détergent pour lave-vaisselle à base de résidus de bière.
Quels sont les produits à venir ?
L'entreprise travaille avec l'usine pilote Bio Base Europe dans le cadre du projet d'innovation européen Waste2Func. Au total, près de 7 millions d'euros ont été débloqués pour mettre au point des produits de nettoyage révolutionnaires.
D'autres produits en édition limitée verront le jour dans le cadre de ce projet. "À terme, il y aura certainement de nouvelles applications, par exemple dans le domaine des cosmétiques", explique encore Sophie Roelants. "Nous avons reçu une subvention pour le projet pendant près de quatre ans, et nous en sommes à un peu plus de la moitié", conclut Sofie Lodens.
L'Europe investit de l'argent dans ce projet parce qu'il contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à créer de nombreux emplois de haute technologie à long terme.
