Liberation Garden, un nouveau musée sur la Seconde Guerre Mondiale, a ouvert ses portes le week-end dernier à Leopoldsburg, (en français Bourg-Léopold) dans le Limbourg. Ce musée retrace l’histoire de Lepoldsburg et de la région environnante durant le conflit mondial. "Dans Liberation Garden, vous découvrirez ce que des gens ordinaires ont vécu dans des circonstances extraordinaires", explique Peter Schrijvers, commissaire de l'exposition.
"Liberation Garden" : un nouveau musée sur la Seconde Guerre Mondiale à Leopoldsburg
Le musée "Liberation Garden " a ouvert ses portes dans l'attrayant "Pavillon chinois", une villa d'officier rénovée datant de 1869 (voir photo ci-dessous). En entrant dans ce tout nouveau musée, on constate tout de suite que la scénographie est contemporaine. Il y a des textes sur les murs et des objets exposés, mais on peut aussi regarder des projections, sur des petits écrans, un film en 3D, et écouter toutes sortes d'interviews. En déambulant dans le musée vous entendrez le bruit des bombes provenant d'un abri antiaérien. "Vous pouvez aussi découvrir par vous-même ce que la population de Leopoldsburg et de la région a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale", explique Peter Schrijvers, commissaire de l'exposition.
Une histoire pas du tout ennuyeuse
Le musée qui a ouvert ses portes au grand public le week-end du 6 et 7 mai, retrace l'histoire de Leopoldsburg et de sa région, pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que les histoires personnelles d’hommes et de femmes impliquées dans le conflit.
"Nous voulions montrer que le musée est très ancré localement et régionalement, mais qu'il a aussi une portée nationale. L'histoire commence à Leopoldsburg, mais s'étend à une grande partie du Limbourg et de la région de la Campine anversoise", explique Peter Schrijvers. "Les histoires individuelles et émouvantes des personnages sont au centre du musée. Elles montrent que l'histoire n'est pas du tout ennuyeuse".
Sur sa bicyclette
"Renée Dardenne, de Balen, est l'une des figures les plus importantes du musée. Elle était dans la résistance et, avec son père, elle a espionné ce que faisaient les Allemands dans le camp militaire de Leopoldsburg. Elle envoyait les informations récoltées à Londres et transportait les messages sur sa bicyclette. C'était une héroïne anonyme. Malheureusement son père a fini par être arrêté et torturé, mais il n'a jamais trahi sa fille", explique le commissaire.
"Une autre histoire forte est celle de Phil Morrison, un chirurgien américain qui a soigné de nombreux blessés lors de l'opération Market Garden. Sa fille nous a donné une boîte en carton remplie d'objets personnels de Phil datant de cette période. Elle sait ainsi que son histoire se perpétuera".
L’opération Market Garden est une opération militaire qui se déroula en septembre 1944. La libération de l'Europe occidentale était ralentie car les troupes allemandes, en vue de leur patrie, s'étaient regroupées et retranchées derrière les canaux de la Campine en Belgique.
L’opération, proposée par le maréchal britannique Montgomery, était une tentative de prendre des ponts franchissant les principaux fleuves occupés par les Allemands. Le but étant de permettre aux Alliés de contourner la ligne Siegfried, d'accéder à la Ruhr et de terminer la guerre pour la Noël.
Mais à cause d’une mésentente entre les commandants alliés, de difficultés d’approvisionnement et aussi d’une sous-estimation des forces allemandes présentes sur place, l'opération fut un échec.
Assembler les pièces du puzzle
"Après neuf ans de travail acharné, le musée a enfin pu ouvrir ses portes", explique Marleen Kauffmann, échevine du tourisme (CD&V) à Leopoldsburg. "En 2013, nous voulions installer un musée sur l’opération Market Garden dans l’ancien quartier militaire "Kwartier IJzer", mais en 2017, il s'est avéré que le projet n'était pas suffisant pour obtenir une subvention. Nous avons alors décidé de raconter l'histoire de l'occupation et de la libération durant la Seconde Guerre mondiale, et de le faire du point de vue des Allemands et des Alliés. Ce fut le moment charnière, car c'est alors que nous avons fait appel à Peter Schrijvers et que toutes les pièces du puzzle se sont assemblées. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés ici, au pavillon chinois, entouré par les cimetières militaires de Leopoldsburg".
"Lundi dernier, nous avons commémoré la capitulation de l’Allemagne nazie et la libération de l’Europe occidentale et c'est pourquoi nous avons choisi ce week-end pour l'ouverture du Libération Garden", a expliqué le bourgmestre de Leopoldsburg Wouter Beke (CD&V). "Le musée fait donc entièrement référence à la libération, mais il raconte surtout l'histoire militaire de Leopoldsburg, qui est étroitement liée à celle de notre pays et à celle du reste du monde. Nous sommes donc convaincus que ce musée peut devenir un atout touristique. Il y a environ actuellement 3 millions de nuitées dans notre région et nous espérons accueillir 50 000 visiteurs par an".
C'est un musée local où nous amenons des touristes étrangers, tout en montrant le Limbourg au reste du monde.
Igor Philtjens, député provincial chargé du patrimoine et du tourisme dans le Limbourg.
Une nouvelle piste cyclable vers les cimetières militaires
"L'histoire de la Seconde Guerre mondiale et des gens ordinaires dans des circonstances inhabituelles est racontée ici d'une manière très accessible et interactive. Les jeunes générations peuvent ainsi découvrir l'histoire d'une manière plus intéressante qu'à travers les manuels scolaires. Il s'agit d'un musée local où nous amenons des touristes étrangers, tout en montrant le Limbourg au reste du monde. À l'avenir, nous construirons également une nouvelle piste cyclable entre ce musée et les plus grands cimetières militaires allemands, où 39 000 soldats sont enterrées", conclut Igor Philtjens (Open VLD), député provincial chargé du patrimoine et du tourisme dans le Limbourg.
Jumelée à Villers-sur-Mer
Le bureau d'information touristique de Leopoldsburg est également installé dans le musée depuis ce week-end. Bourg-Léopold était surtout connue pour sa caserne et son terrain d’entrainement militaire. Ces installations ont été construites sur ordre de Léopold Ier en 1835 pour se défendre des troupes néerlandaises. Enfin ajoutons encore que Leopoldsburg est jumelée depuis 2021 avec le petit village normand de Villers-sur-Mer. Les deux communes sont liées parce qu'elles ont été libérés toutes les deux par la brigade Piron à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, la brigade a toujours son siège au camp militaire de Leopoldsburg ("Bataljon Bevrijding-5de linie").
