L’entreprise belge de production et de recyclage de métaux non ferreux a entamé ce lundi la démolition de maisons installées dans le quartier Moretusburg du district anversois de Hoboken, autour de son site industriel. Dans un premier temps, 17 maisons vont être rasées, à terme près de 200 maisons devraient subir le même sort. Umicore a racheté les habitations à leurs propriétaires afin de pouvoir créer autour de son usine une ceinture de verdure de 5 hectares, qui formera une zone tampon avec les autres maisons de Hoboken. Le but est de limiter l’impact de la pollution industrielle sur la santé des riverains. Des études ont en effet révélé que le taux de plomb dans les valeurs sanguines des habitants - et notamment des enfants - voisins de la fabrique est très élevé. Le sujet est cependant très sensible et certains habitants (moins de 3%) refusent de quitter leur maison.
Umicore abat des maisons autour de son site à Hoboken pour créer une zone tampon verte
Les travaux de démolition des 17 premières maisons ont débuté ce 8 mai à Hoboken. La première phase (zone 1) prévoit la destruction de 186 maisons qui se trouvent le plus près de l’usine Umicore et que celle-ci a progressivement rachetées aux habitants depuis 2020. Une zone verte boisée sera ensuite aménagée pour protéger davantage les riverains des effets nocifs de la production industrielle. Pour les habitants qui peuvent actuellement encore occuper leur habitation, c’est une situation étrange.
"Cela fait mal de constater que presque plus personne n’habite ici", déclarait à VRT NWS une habitante qui refuse pour l’instant de partir. "Il y a plusieurs choses qui me retiennent. Vous devez savoir que j’habite ici depuis toujours. Dois-je encore quitter ma maison à mon âge ? Un tel déménagement n’est pas bon marché. Je préfère ne pas le faire, mais peut-être y serais-je finalement contrainte".
L’émotion des riverains
Un autre habitant, qui ne doit pas encore partir, refusait au départ de quitter mais a finalement décidé de vendre sa maison. "D’ici la fin de l’année, je serai parti. Cela me remplit d’émotion parce que j’ai vécu ici toute ma vie. Autrefois, ce quartier était plein de vie et il faisait bon y habiter. Mais maintenant il ressemble à un village fantôme, comme c’est le cas du village de Doel. C’est pour cela que j’ai décidé de partir".
Après le premier lot de 17 maisons, la démolition d’un second lot de 169 habitations débutera à l’automne. Dans une seconde zone, plus éloignée de l’usine, Umicore a racheté cent maisons, qui seront aussi rasées à terme. "La démolition des 17 premières maisons est un test pour la destruction du reste des maisons", expliquait Michiel Ceulemans, chef du département Environnement chez Umicore Hoboken. "Il est important de suivre à la lettre les consignes de sécurité en matière d’impact sur l’environnement et sur la santé".
Les maisons voisines de la fabrique ont absorbé de la poussière de plomb au cours de longues années. "Pour éviter la propagation de cette poussière vers le reste du quartier, nous allons mouiller les maisons complètement avant de les abattre. Nous installerons aussi des canons à brouillard et des grands tissus pour recueillir la poussière autour de la zone de démolition. Le quartier sera en outre nettoyé chaque jour de la semaine ", précisait Michiel Ceulemans.
La santé des riverains
Cela fait des années que des inquiétudes sont exprimées à propos de la santé des riverains de l’usine Umicore. Des études ont démontré à plusieurs reprises que les taux de plomb dans le sang des enfants est très élevé. Plus ils habitent près de la fabrique, plus ces taux sont élevés. D’où l’idée de construire une zone tampon boisée autour de l’usine.
L’évacuation des déchets de construction se fera aussi avec des mesures de sécurité renforcées. Les camions devront être bien couverts. Umicore effectuera des mesures pour s’assurer que la démolition des maisons ne crée pas des concentrations élevées de poussière dans le quartier Moretusburg.
La zone verte de 5 hectares sera plantée en 2024. Elle viendra étoffer l’hectare de bois qui se trouve actuellement déjà sur le site d’Umicore. "Nous tiendrons aussi compte des quelques familles qui ne veulent pas quitter le quartier", concluait Michiel Ceulemans.


