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Des objets personnels ayant appartenu à des déportés, saisis par les nazis, restitués à leurs descendants à Anvers

Deux montres ayant appartenu à des déportés des camps de concentration et qui avaient été saisies par les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale ont été restituées à leurs descendants. Cette restitution a eu lieu lors de l'inauguration de l'exposition itinérante #StolenMemory, au MAS à Anvers.

Eric Steffens
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Après une longue tournée en Belgique, avec des visites de sites historiques tels que la Kazerne Dossin, le Palais d'Egmont et le Fort de Breendonk, #StolenMemory s'installe à l'ombre du MAS , à Anvers (Museum aan de Stroom - Musée sur le cours d'eau). L'exposition peut y être visitée gratuitement du 5 au 22 mai 2023. Les Archives d'Arolsen ont récupéré quelque 2 500 objets appartenant à des déportés.

Les "Archives d'Arolsen" est un centre international d'archives et de documentation sur les victimes de persécution, de travail forcé et de génocide perpétrés par les nazis entre 1933 et 1945. Ce centre est situé à Bad Arolsen, en Allemagne. Il comporte plus de 30 millions de documents, fiches et listes relatives aux victimes de la Shoah, aux prisonniers des camps de concentration, aux travailleurs forcés et aux survivants. Juste après la seconde guerre mondiale, les Alliés ont créé des structures chargées de retracer le sort des victimes des persécutions nazies et de rechercher les documents qui pourraient les aider dans cette tâche. Plus de 18 000 citoyens anversois font partie des victimes.

Ce centre a également rassemblé quelque 2 500 objets appartenant à des déportés. Il s'agit notamment de montres, de bagues, de stylos, de petits objets intimes comme des photos de famille saisies par les nazis lorsque les personnes étaient arrêtées avant d'être emmenées dans les camps de concentration. Les Archives d'Arolsen recherchent les descendants des propriétaires de ces objets pour leur restituer.

5 000 enveloppes oubliées contenant des objets appartenant à des prisonniers des camps de concentration

Les archives ont été créées à la fin de la Seconde Guerre mondiale par les Alliés comme une sorte de "cellule de personnes disparues", une archive centrale", explique le coordinateur Joris Verdonck.

"Les Alliés ont trouvé dans deux camps de concentration quelque 5 000 enveloppes oubliées contenant des objets appartenant à des prisonniers de ces camps. C'est ainsi qu'elles se sont retrouvées dans les archives. Depuis 2016, on tente de restituer ces objets aux familles. Il s'agit d'un véritable travail de détective mené par une équipe de chercheurs et de bénévoles, détectives amateurs et historiens. C'est une véritable quête et une course contre la montre." 

Georges, le fils du résistant René De Herdt

Lors de l'inauguration de leur exposition itinérante #StolenMemory, deux montres-bracelets ont été restituées à des proches de déportés. Il s'agit de la montre du Gantois René Vandelsen, décédé dans le camp de concentration allemand de Neuengamme, et de la montre du résistant anversois René De Herdt. Ce dernier a survécu à son emprisonnement à Breendonk et à Neuengamme et a finalement pu rentrer chez lui.

Pour son fils Georges De Herdt, ce fut un moment très émouvant. "J'ai du mal à m'exprimer. Le petit bijou que j'ai reçu ici a une valeur émotionnelle énorme. Mon petit-fils a d'ailleurs déjà dit qu'il la voulait. J'ai retrouvé une autre lettre dans laquelle mon père avait noté tout ce qu'on lui avait pris, y compris cette montre. Même le prix était indiqué. Je pense qu'elle avait coûté, à l’époque, 400 francs belges". Le fils de René De Herdt ignorait totalement qu'elle existait encore.

L’histoire de René De Herdt est admirable. Ce résistant s’est livré lui-même à la Gestapo avant qu’elle ne vienne le chercher chez lui. "Sinon, toute ma famille aurait été déportée. "Ce sera ma mort, mais ma famille passe avant tout", avait-il déclaré. Mon père et moi, nous étions comme les deux doigts de la main. Il est mort en 1999, mais la guerre avait laissé des traces".

#StolenMemory, au MAS à Anvers

Installée dans un conteneur devant le MAS d'Anvers, l'exposition itinérante #StolenMemory raconte l'histoire de dix déportés, de leurs biens volés et de la recherche permanente de leurs familles. Depuis le lancement de #StolenMemory, plus de 700 familles de victimes des persécutions nazies ont déjà été retrouvées, dont 18 en Belgique.

L'exposition au MAS présente également presque tous les objets originaux des prisonniers des camps de concentration belges provenant des archives  

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