La Vrije Universiteit Brussel (VUB) a lancé une procédure interne à l'encontre de la professeure de psychologie Elke Van Hoof. En septembre 2022, une plainte a été déposée contre elle pour un leadership toxique. Déjà lorsque Elke Van Hoof travaillait à l'UHasselt, il y avait eu des problèmes à ce sujet, confirme le recteur Bernard Vanheusden.
La VUB, l’université libre néerlandophone de Bruxelles a confirmé, ce vendredi, qu'une enquête interne sur le professeur de psychologie Elke Van Hoof était en cours. Tous les membres de son équipe, composée de sept personnes, ont démissionné et déposé plainte. Ils parlent d'une charge de travail extrême et d'une forme de leadership toxique qui a rendu des gens malades. Ils remettent également en question la manière dont Elke Van Hoof mène et finance ses recherches scientifiques.
"Il est important de communiquer de manière transparente avec les journalistes et la personne concernée. La VUB a invité le professeur Van Hoof à une réunion avec le recteur, mais cette réunion n'a pas encore eu lieu. Et dans l'intérêt d'une communication adéquate avec toutes les parties, nous ne pouvons pas commenter la procédure", a déclaré Nathalie Vlaemynck, porte-parole de la VUB.
Un comportement déjà "toxique" à l'UHasselt
Il semblerait qu’il y ait déjà eu des problèmes similaires à l’ UHasselt. Elke Van Hoof a travaillé à l'université de Hasselt entre 2006 et 2009. "J'ai reçu des plaintes de plusieurs collègues sur la manière dont elle gérait le personnel. Les gens ont indiqué que le bien-être de ces personnes était sérieusement compromis. Dans certains cas, on frôlait le harcèlement. Ce sont les signaux que j'ai reçus", déclare Johan Ackaert, alors président du groupe professionnel auquel Mme Van Hoof était affiliée.
"A Hasselt, le comportement de Mme Van Hoof n'a fait l'objet d'aucune plainte officielle. Mais l'université a décidé de ne pas renouveler son contrat en raison des problèmes liés à sa personne", confirme l'actuel recteur de l'UHasselt, Bernard Vanheusden.
Durant son mandat à UHasselt, Elke Van Hoof a également travaillé à la VUB, où elle avait auparavant été doctorante et chercheuse postdoctorale. On ne sait pas si la VUB avait été informée de sa situation à l'UHasselt.
Qui est Elke Van Hoof ?
La professeure de psychologie Elke Van Hoof est également connue sous le nom de "prof du burnout" en raison de son expertise en matière de stress et de burnout. Pendant la crise du covid, elle a présidé le groupe de travail sur l'impact psychologique du COVID-19 au sein du Conseil supérieur de la santé. À cette occasion, des questions ont été posées sur un autotest qu'elle avait mis au point pour le bien-être mental. Les personnes qui remplissaient l'auto-test "Iedereen OK" (Tout le monde OK) se retrouvaient automatiquement sur sa propre plateforme de psychologue.
Registre central des signalements de comportements inappropriés
Ces dernières années, plusieurs plaintes concernant des comportements inappropriés dans l'enseignement supérieur ont été révélées.
Mardi le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA), a préparé un projet de décret qui met sur pied un registre central des signalements de comportements inappropriés dans les Hautes écoles et universités de Flandre. Ce registre permettra de faire circuler plus facilement l'information, particulièrement dans les grandes institutions. En pratique, l'ensemble des universités et des hautes écoles du nord du pays auront accès à un registre qui centralisera tous les signalements pour conduites abusives, afin que les informations à ce sujet puissent circuler plus facilement. En raison de la taille importante de ces établissements, il arrive en effet parfois que les personnes qui devraient être tenues au courant de ces situations problématiques ne soient pas correctement informées.

