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La Belgique propose des échanges de médicaments entre pays européens pour compenser les pénuries

La Belgique propose que les pays de l'Union européenne échangent des médicaments pour pallier les pénuries croissantes, a rappelé ce mercredi le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke dans l'émission "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT). Le ministre socialiste appelle également à ce que davantage de médicaments soient à nouveau produits en Europe, pour éviter une trop grande dépendance à de gros producteurs de médicaments tels que la Chine et l’Inde.

Anne François Belga
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La Belgique se débat depuis quelques mois avec une pénurie croissante de médicaments. Si l’on en croit le site internet fédéral farmastatus.be, quelque 281 médicaments n’étaient pas disponibles ces 30 derniers jours dans notre pays. D’après Febelco, le plus grand fournisseur de médicaments en Belgique, la liste serait encore bien plus longue. Les médicaments manquant sont avant tout des analgésiques, des antibiotiques et des anticoagulants génériques.

Plusieurs pays européens ont récemment souffert d'une pénurie de certains médicaments, notamment des antibiotiques ou de l'insuline. La proposition belge vise à s'adapter à ces problèmes d'approvisionnement à l'aide d'une plus grande solidarité entre les pays, sur base volontaire. Ceux qui subissent une pénurie - et n’ont pas de remèdes alternatifs à disposition - pourraient alors compter sur la solidarité des pays disposant d'un stock important, expliquait le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke au micro de Radio 1 (VRT).

Il s'agit de l'une de trois propositions faites par la Belgique concernant la problématique de l'approvisionnement en médicaments. Selon le ministre Vandenbroucke, le texte de discussion a le soutien de dix-huit autres États membres, dont l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. "Il est de notre responsabilité de garantir la continuité du traitement des personnes avec des médicaments parfois d'importance vitale. C'est pourquoi nous prenons des actions au niveau européen, afin de pouvoir agir plus rapidement en cas de menace de pénurie d'un médicament." La pandémie de coronavirus a démontré que pareille solidarité fonctionne, souligne le ministre fédéral.

Ramener la production en Europe

Le deuxième point du texte de proposition belge plaide pour la fin progressive de la dépendance vis-à-vis des pays extérieurs à l'Union européenne, notamment la Chine et l'Inde. En 2019, plus de 40% des ingrédients provenaient ainsi de la Chine et la moitié de ces derniers n’étaient produits que par cinq entreprises pharmaceutiques.

"Nous voulons que l'UE veille à ce que suffisamment de matières premières essentielles pour ces médicaments soient produites localement en Europe", explique le ministre Vandenbroucke. Il ajoute que l'Europe est devenue trop dépendante d'un petit nombre d'entreprises, dans un petit nombre de pays. "Pour cela, une législation est nécessaire, qui fixe toutes les règles concernant la production et les permis".

La Belgique souhaite également l'élaboration d'une liste européenne de médicaments cruciaux, principalement ceux qui ont fait l'objet de pénuries répétées, afin de mieux contrôler l'approvisionnement. "Pour ces médicaments, nous devons être proactifs". Le ministre Frank Vandenbroucke (photo) se rend mercredi en Suède pour une réunion informelle des ministres de la santé (EPSCO).

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