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Suite aux abus d’un donneur néerlandais, Frank Vandenbroucke promet un registre des donneurs de sperme d’ici fin 2023

Le ministre belge de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, s'est engagé jeudi soir à mettre sur pied d'ici la fin de l'année un registre des donneurs de sperme. L’annonce fait suite à la révélation, par plusieurs médias, qu'un Néerlandais - Jonathan M. - affirme avoir engendré 550 enfants dans le monde en donnant son sperme dans une dizaine de cliniques spécialisées. Ce qui est interdit. Il aurait également été actif en Belgique. Le tribunal de La Haye a décidé ce vendredi, en référé, que l’homme de 41 ans (photo, à g.) n’était plus autorisé à donner son sperme ni a faire de la publicité à ce sujet.

Anne François Belga
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La fondation néerlandaise des enfants nés de donneurs (Nederlandse Stichting Donorkind) et une mère qui a eu un enfant du Néerlandais Jonathan M. avaient déposé plainte et demandé au tribunal de La Haye d’interdire au "donneur en masse" de concevoir encore des enfants avec d'autres femmes. Le jugement a donc été rendu en référé ce vendredi matin : l’homme qui affirme avoir permis la conception d’au moins 550 enfants dans plusieurs pays - dont une centaine aux Pays-Bas - en contournant la législation, n’est plus autorisé à donner son sperme. S’il le fait néanmoins, il devra payer une astreinte de 100.000 euros par don.

Il n’est plus autorisé non plus à faire de la publicité pour ses services ni à faire savoir à des parents qui cherchent de l’aide pour avoir un enfant qu’il est prêt à donner son sperme. Jonathan M. doit en outre dresser une liste des institutions dans lesquelles il a donné son sperme, aux Pays-Bas et à l’étranger. Il s’agirait d’au moins dix cliniques. Si la liste s’avérait incomplète, l’homme devra payer 25.000 euros par clinique non-mentionnée.

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Des enfants concernés en Belgique

La présidente de l'association belge Donorkinderen, Steph Raeymaekers, affirmait jeudi soir sur le plateau de l'émission "Terzake" de la VRT qu'il existait de fortes suspicions que des hôpitaux de notre pays aient utilisé le sperme de Jonathan M. Elle a reproché au gouvernement belge de "n'avoir pas ouvert d'enquête alors qu'il apparaissait déjà en 2017 que le nombre maximum d'enfants nés de ce donneur a été largement dépassé".

"Terzake" a également parlé avec une femme australienne qui aurait conçu un enfant avec le sperme du donneur néerlandais. Lors de sa recherche d’un donneur, elle avait abouti sur le site de Cryos, une banque de sperme au Danemark. Selon elle, le site indiquait à l’époque que l’homme avait déjà atteint la limite de dons en Belgique. Ce qui veut dire que six femmes auraient eu recours à son sperme.

Cryos ne veut actuellement ni confirmer ni infirmer l’information. La banque de sperme danoise ne veut pas indiquer de façon spécifique à quels pays le sperme du Néerlandais a été vendu, mais affirme que tous les hôpitaux concernés seront prévenus.

La "règle des six femmes"

Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) a déclaré que tous les centres belges spécialisés dans les traitements de fertilité seront interrogés sur d'éventuels dons de Jonathan M. "Nous contacterons également les Pays-Bas et des banques donatrices privées telles que Cryos", a ajouté le vice-Premier ministre. Il a reconnu qu'il doit être "très difficile" pour les futurs parents et leurs enfants de découvrir qu'ils ont été trompés par un donneur.

Frank Vandenbroucke (photo) met également en garde contre le danger de la consanguinité en raison du grand nombre d'enfants d'un même père. En Belgique, on parle depuis des années d'une base de données des donneurs de sperme, qui devrait garantir qu'un donneur n'engendre pas trop d'enfants. "Il est inacceptable que ce registre n'existe pas encore, mais mon projet de loi à ce sujet sera bientôt discuté au parlement", a assuré Vandenbroucke. Il a promis que le dispositif serait mis en place d'ici la fin de l'année.

Selon le ministre de la Santé, un tel registre permettra aux centres de vérifier à l'avance si un donneur a des enfants avec plus de six femmes différentes. Il veut également une "garantie étanche" de Cryos et d'autres banques du sperme privées qu'elles adhèrent à la "règle des six femmes" que fixera la Belgique.

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