Le quotidien américain New York Times publie en première page un article consacré au système de placement en milieu familial de patients venant de la psychiatrie qui est pratiqué de longue date dans la ville de Geel, en province anversoise. Le Centre public de soins psychiatriques de Geel est ravi de l’attention dont il bénéficie. "Nous pouvons ainsi à nouveau faire passer le message qu’il s’agit d’un bon système qui peut aider beaucoup de gens qui ont une vulnérabilité psychologique".
A la Une du New York Times : des patients de psychiatrie sont accueillis dans des familles à Geel
"Une méthode expérimentale radicale dans le domaine de la santé mentale, testée depuis des siècles", titre le New York Times dans sa version papier et sa version digitale à propos du traitement de patients en milieu familial. Le quotidien américain est allé en reportage dans la ville de Campines dans plusieurs familles qui accueillent un patient atteint d’une fragilité psychologique. A Geel, ces patients sont déjà pris en charge de cette manière depuis le 13e siècle.
Wilfried Bogaerts exerce en tant que psychologue depuis 30 ans au Centre public de soins psychiatriques de Geel. "Je ne sais pas comment le quotidien américain est arrivé chez nous. Notre système d’accueil fonctionne déjà depuis très longtemps et nous avons toujours reçu beaucoup d’attention internationale", expliquait Bogaerts à Radio 2 (VRT). "Peut-être est-ce parce qu’on s’inquiète beaucoup aux Etats-Unis de la manière dont il faut traiter et accueillir les patients de psychiatrie. Si nous pouvons continuer à propager le message qu’il s’agit d’un bon système qui peut aider beaucoup de gens, nous sommes contents".
Wilfried Bogaerts estime que le succès de cette formule réside dans la bonne collaboration entre la famille d’accueil et le Centre psychiatrique. "Une famille d’accueil représente un cadre réconfortant. Elle tente d’offrir au patient une vie aussi normale que possible. Le Centre de soins psychiatriques assume pour sa part le côté professionnel du traitement".
Pourquoi d’autres villes et communes n’organisent-elles pas la prise en charge des patients de psychiatrie de la même manière ? "Ce n’est pas si facile que cela de reprendre tout simplement la formule. Elle comporte aussi un aspect juridique. Une institution de soins psychiatriques ne peut pas commencer dans n’importe quelle ville ou commune une prise en charge en familles si elle en a envie. Il doit bénéficier d’une reconnaissance qui lui permet de créer ce type de soins", précisait Wilfried Bogaerts.
A la recherche de jeunes familles d’accueil
Actuellement, il y a un équilibre entre l’offre et la demande à Geel. "Mais nous avons lancé une campagne de recrutement spécifique de jeunes familles. Pour l’instant, ce sont avant tout de jeunes pensionnés qui se portent candidats à ce type d’accueil", précisait Bogaerts.
"Mais dans le temps c’étaient des jeunes couples qui accueillaient leur premier enfant qui se portaient candidats. Nous allons donc à nouveau nous adresser à ces jeunes familles".
