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Une association rurale flamande demande d'enterrer son slip pour mesurer la fertilité du sol

Enterrer son slip et le laisser pendant 2 mois dans son jardin ou dans son champ et le déterrer 2 mois plus tard, c'est le défi lancé par l’association rurale flamande "Landelijke Gilden" (les guildes rurales). L'association souhaite ainsi étudier la vie et la qualité du sol dans les jardins flamands.

Eric Steffens
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L'idée de la campagne "ONDERbroek ONDERgronds" (Enterre ton slip) est de déposer un slip blanc ou un autre morceau de tissu dans une trou d'environ 10 centimètres de profondeur. Il est important qu'il s'agisse d'un tissu 100 % en coton. En effet, le coton contient du carbone, qui sert de nourriture aux nombreux micro-organismes qui vivent sous terre, comme les verres de terre, les cloportes, les araignées, les fourmis, les mille-pattes et les coléoptères, ainsi que les champignons et les bactéries. Petit à petit, ils décomposent ainsi le coton, qui est enterré dans le sol.

"Au bout de deux mois, on peut déterrer le slip", explique Marleen Van der Velden, qui travaille chez Landelijke Gildsen. "Plus le slip sera dégradé, plus les micro-organismes auront fait leur travail et plus votre sol se porte bien. Par contre si le slip est encore intact, cela signifie que votre sol a besoin d'un peu plus de vie".

Une idée qui vient du Canada

L’idée d’enterrer un slip de coton vient du Canada et a été lancée en 2015 par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Depuis, la méthode a fait des émules en Flandre par exemple en Campine. Elle ne remplace pas un test en laboratoire, mais permet de rendre visible cette vie souterraine, menacée par l’agriculture intensive, la pollution et l’artificialisation des sols. Les bactéries fournissent non seulement des nutriments aux plantes, mais préviennent aussi l’érosion et facilitent l’infiltration de l’eau. Landelijke Gilden déploie à présent une campagne à grande échelle dans toute la Flandre et espère que le plus grand nombre possible de personnes y participeront.

Dans le même temps, l'association rurale donne des conseils pour améliorer la vie du sol. "Si vous constatez que votre slip n'a pratiquement pas été détérioré après deux mois, vous pouvez mettre du compost et entre les plantes, ou laisser des feuilles mortes dans le jardin", explique Davy Sterkens, responsable de l'innovation au sein des Guildes Rurales. "En hiver, il est intéressant d'avoir des poules qui gambadent dans le jardin, car elles ameublissent le sol. Mais le conseil le plus important est le suivant : essayez de perturber votre sol le moins possible.

Les enfants de l’école Ter Elst à Steenhuffel

Lundi dernier, 25 enfants de quatrième année de l'école primaire Ter Elst à Steenhuffel, dans le Brabant flamand, ont reçu l'aide de l'architecte de jardin et présentateur Bartel Van Riet pour enterrer un premier slip.

Bartel Van Riet est l'ambassadeur de la campagne ONDERbroek ONDERgronds. Cette semaine, des slips seront ainsi enterrés à Galmaarden, Peer, Berchem, Zele et Deerlijk, entre autres. Les participants à la campagne peuvent s'inscrire sur le site internet : landelijkegilden.be/onderbroek.

(lire la suite de l'article en-dessous de la photo)

Les résidents du centre Monsheide à Peer

Le centre de soins résidentiels Monsheide pour personnes handicapées mentales situé à Peer, dans le Limbourg a également participé à l’opération. Des résidents de ce centre ont aussi enterré des sous-vêtements en coton (voir la vidéo ci-dessous).

A Monsheide, les résidents sont très curieux de savoir ce qu’il restera de leur slip dans deux mois.

"J'ai enterré moi-même un slip dans le sol et j'ai placé un bâton pour qu'au bout de deux mois nous puissions retrouver l’endroit et sachions si le slip s'est décomposé ou non", explique Stefan, un résident du centre.

"S'il ne reste que l'élastique, cela signifie qu'il y a beaucoup d'insectes dans le sol et donc que le sol est bon", explique Joeri, un autre résident. "J'ai vraiment apprécié cette expérience et je suis curieux d’en connaître les résultats.

"Je pense que le sol ici est très bon et je m'attends à ce que les micro-organisme viennent en abondance dévorer vos culottes", déclare Marleen Van der Velden des Guildes rurales au groupe de résidents de Monsheide. Les résidents ont eux-mêmes enterré trois culottes en coton dans leur potager et dans le sol de la forêt environnante.

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