Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, ce mercredi matin, le groupe Colruyt a annoncé une restructuration de ses deux chaînes de magasins Dreamland et Dreambaby. Six magasins (un Dreamland et cinq Dreambaby) pourraient fermer, tandis que 192 emplois sont menacés. L'entreprise belge ToyChamp et Colruyt ont par ailleurs conclu un accord de principe pour l'acquisition de 75% des actions de Dreamland. La marque continuera cependant d'exister. Les 48 magasins Dreamland resteront fermés ce mercredi afin d'informer le personnel.
Colruyt annonce une restructuration chez Dreambaby et Dreamland : 6 magasins fermés et 192 emplois menacés
Le groupe indique que Dreamland et Dreambaby connaissent une baisse des volumes qui a un impact négatif significatif sur leur rentabilité malgré une position de leader sur le marché. Colruyt décrit un marché économique difficile avec une concurrence renforcée, des volumes sous pression, le passage à la consommation en ligne et un changement de comportement des clients.
DreamLand est une chaîne de magasins de jouets qui compte 48 magasins en Belgique, selon son site internet. La chaîne de magasins pour bébés DreamBaby compte environ 30 magasins. Ensemble, ils emploient quelque 1 100 personnes.
Des mesures ont été prises ces derniers mois afin de rétablir la situation (révision de la gamme en ligne de Dreamland, modification des tarifs de livraison pour les commandes en ligne) mais "les résultats souhaités et la perspective attendue ne se sont pas concrétisés", ajoute la direction.
Le groupe a donc décidé de restructurer Dreamland et Dreambaby, qui forment ensemble une seule unité technique d'exploitation. Cette restructuration pourrait toucher 192 des quelque 1.100 collaborateurs et entraîner la fermeture d'un magasin Dreamland et de cinq Dreambaby. Une procédure Renault est enclenchée.
La restructuration de Dreambaby devrait donner à cette formule non alimentaire un nouvel élan pour croître durablement et par ses propres moyens et contribuer à la stratégie à long terme du groupe", avance Colruyt.
La chaîne de magasins de jouets ToyChamp prend le contrôle de Dreamland
En acquérant 75% des actions, l'entreprise belge ToyChamp prendrait par ailleurs le contrôle de Dreamland qui continuera d'exister comme marque, entité juridique et employeur. La transaction, dont les chiffres n'ont pas été communiqués, doit se concrétiser d'ici la fin de l'année.
Fondée en 2001, l'entreprise ToyChamp compte 9 magasins de jouets en Belgique (dans les provinces d'Anvers et du Limbourg) et 24 aux Pays-Bas. Elle emploie environ 450 personnes.
Le personnel sous le choc
L'annonce d'une restructuration chez Dreamland et Dreambaby, diffusée mercredi matin par le groupe Colruyt, a pris le personnel, tout comme les syndicats, de court. "C'est un choc", a confié à l'agence Belga Wilson Wellens, du syndicat libéral ACLVB (CGSLB) à l'issue du conseil d'entreprise. "La direction s'est montrée empathique. Elle est bien consciente de l'ampleur d'une telle annonce", a néanmoins tempéré le syndicaliste, précisant que les échanges avec la direction allaient "un pas plus loin que Delhaize".
Six magasins pourraient fermer, à savoir les 5 Dreambaby de Beveren, Tirlemont, Drogenbos, Vilvorde et Huy, ainsi qu'un Dreamland, celui d'Hasselt. Quelque 192 emplois (sur 1.100) sont menacés.
"Le personnel se dit très affecté par cette nouvelle", a expliqué Wilson Wellens. "C'est une vraie famille au sein de laquelle les travailleurs ont toujours œuvré à son bon fonctionnement". D'après le syndicaliste, le plan de restructuration entraînerait la suppression de 150 emplois chez Dreamland et 42 chez Dreambaby.
En outre, les 48 magasins Dreamland resteront fermés ce mercredi afin d'informer le personnel sur le plan de restructuration et la future reprise par ToyChamp, indique la direction. Des actions du personnel ne sont pas à exclure, selon Karen Van de Voorde du syndicat socialiste Setca.
Dans le cadre de la loi Renault, un premier tour de table entre syndicats et direction est prévu mercredi prochain. Le banc syndical se dit "prêt à tout" pour diminuer au maximum le nombre de licenciements au sein des deux filiales du groupe.
