Les travaux de restauration de la porte de Menin, à Ypres (Flandre occidentale), ont débuté ce lundi. La rénovation, chiffrée à 4 millions d'euros, devrait durer jusqu'en mai 2025. Le Last Post, le traditionnel salut quotidien aux soldats décédés pendant la Première Guerre mondiale, continuera néanmoins de résonner chaque jour à 20h. Non pas sous la Porte de Menin mais depuis les remparts à côté du monument en restauration (vidéo). C’est une première.
La restauration de la porte de Menin a débuté : le Last Post joué à côté du monument
Ce lundi commençait l'installation des échafaudages ainsi que de deux tunnels qui permettront aux piétons de circuler depuis et vers le centre-ville. Les travaux de restauration à proprement parlé débuteront par le retrait d'une couche contenant de l'amiante, dans la voûte intérieure. La couche d'étanchéité du toit va être remplacée à la même période, et une toiture verte va être installée. Les caves, les tours d'escalier et les plafonds du monument bénéficieront d'une réparation, tandis que les éléments en pierre naturelle seront nettoyés en plus d'être réparés. La rénovation et le rejointoiement complet des façades en brique et en pierre sont prévus pour 2024.
Ces travaux ne perturberont cependant ni la cérémonie quotidienne du Last Post (le dernier appel), ni les commémorations importantes. L'association qui s'occupe de cette sonnerie aux morts continuera son hommage quotidien à 20h depuis les remparts à côté de la Porte de Menin. Le public y sera toujours le bienvenu. Les travaux empêcheront en revanche de voir les panneaux nominatifs des victimes de la Première Guerre mondiale.
Le centre d'accueil, situé à côté du monument yprois, proposera une consultation virtuelle des noms. À partir du mois de juin, les visiteurs pourront découvrir l'histoire de la porte de Menin (et de sa restauration) à travers une nouvelle exposition intitulée "Menin Gate Moments" (Les moments de la Porte de Menin).
"Pas de toit sur la tête"
"En fait, les travaux ne changeront pas grand-chose", indiquait à Radio 2 Raf Decombel, l’un des clairons qui sonnent le Last Post. "Pendant la crise sanitaire également les circonstances ont été modifiées. Il n’y avait alors qu’un seul clairon, au lieu de trois, et le public n’était pas autorisé à la cérémonie. A l’époque nous avons réaffirmé que nous continuerons à commémorer les 55.000 personnes dont les noms sont repris à la Porte de Menin, parce qu’ils y resteront gravés. C’est la seule chose que nous puissions faire comme beau geste", estime Raf Decombel.
Pour le public, la nouvelle organisation spatiale demande une certaine accoutumance. "Nous venons ici chaque année", témoignait la Limbourgeoise Nanny Degryse. "C’est un peu spécial cette année. Mais je préfère que le Last Post soit joué d’un autre endroit que pas du tout. Le son des clairons me donne toujours la chair de poule".
Pour l’époux de Nanny Degryse, le changement d’endroit est un peu moins facile, parce qu’il se déplace en chaise roulante. "J’ai dû aller un peu plus loin parce que le chemin le plus court contient des marches. Heureusement, mes amis et ma famille m’ont aidé. Si j’avais été tout seul, je ne serais jamais arrivé à assister au Last Post à côté du monument".
Quant à Benoit Mottrie, président de la Last Post Association, il souligne que l’espace est plus large sur les remparts que sous la Porte de Menin, "ce qui veut dire qu’au moins autant de personnes peuvent y assister. La seule chose que nous ne maitrisions pas à cet endroit est la météo. Il se pourrait que nous devions parfois jouer sous la pluie, mais nous espérons que les dieux de la météo seront cléments les premiers mois".


