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L'Institut flamand pour les abeilles inquiet face à leur mortalité massive

En plusieurs endroits de la Flandre, trois quarts de la population d'abeilles n'a pas survécu à l'hiver, tandis que certains apiculteurs ont même perdu toutes leurs abeilles, indique l'Institut flamand pour les abeilles (VBI). Ce dernier appelle les autorités à prendre des mesures d'urgence, d'autant plus que cette mortalité massive des abeilles n'est pas entièrement expliquée.

Anne François Belga
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Le VBI réalise chaque année une enquête auprès des apiculteurs au sujet de la mortalité hivernale des abeilles. Les statistiques de cette année, publiées en février dernier, indiquent un taux de mortalité de 23%, ce qui représente une petite amélioration par rapport à l'année passée. "Mais ces résultats sont largement sous-estimés", pointe le président du VBI René De Backer. "La mortalité continue encore après l'hiver et certains apiculteurs sont réticents à signaler leurs pertes, car cela leur donne l'impression qu’ils s’occupent de mal de leurs abeilles."

Selon le VBI, jusqu'à 75 % des abeilles ont disparu dans les régions de Lierre, Wavre-Sainte-Catherine et Nijlen notamment. La mortalité est généralement plus faible dans le Limbourg, bien que certains apiculteurs aient perdu toutes leurs abeilles à Saint-Trond ou Bokrijk, par exemple. Le VBI souligne que de telles différences entre les régions sont "étranges et inexplicables".

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les abeilles ont eu des difficultés à survivre aux derniers hivers, indique l'Institut. Tout d'abord, trop de jardins privés sont bétonnés et il n'y a pas assez de fleurs qui peuvent fournir aux abeilles du nectar et du pollen en suffisance. Ensuite, les colonies d'abeilles se font parasiter par le varroa, une sorte d'acarien à l'origine d'une importante part de leur mortalité. "Mais nous voyons aussi cette année une grande perte chez les abeilles résistantes au varroa. D'autres facteurs doivent donc entrer en ligne de compte", indique le VBI, qui évoque également le réchauffement climatique et de nouveaux agresseurs, tels que le frelon asiatique (photo), comme causes de leur disparition. Les effets de ce dernier sont avant tout visibles en Flandre occidentale.

"Il ne faut pas concentrer les recherches sur le varroa uniquement. Des analyses plus larges sont nécessaires pour déterminer ce qui menace nos abeilles", insiste René De Backer. Il appelle les autorités et toutes les parties concernées à rapidement s'asseoir autour de la table pour mettre un terme à cette "disparition massive" des abeilles. Il note aussi que "différentes initiatives ont été prises en Flandre pour aider la biodiversité, mais cela ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan."

René De Backer rappelle que les abeilles sont tellement importantes pour l’homme parce que 70 à 80% de notre alimentation est le résultat de la pollinisation effectuée par les abeilles. "S’il n’y a plus de pollinisation, notre alimentation devient très pauvre".

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