Colruyt, la plus grande chaîne de supermarchés du pays, impose temporairement une limite d'achat de 10 pièces pour certains produits de base. Les prix de la farine, du sucre et du sel sont actuellement très bas et certains revendeurs, tels que les exploitants de magasins de nuit, tentent d’en profiter. Est-ce le début d'une baisse générale des prix ?
Colruyt impose une limite d'achat pour certains produits de base : est-ce le début d'une baisse générale des prix ?
Les clients de Colruyt font-ils à nouveau des stocks ? La chaîne de supermarchés demande à ses clients de n'acheter qu'un maximum de 10 pièces pour la farine, le sucre, le sel et les frites surgelées. "Il s'agit principalement de produits de base de notre propre marque "Everyday". Les clients peuvent en acheter un maximum de 10 pièces", explique Eva Biltereyst de Colruyt. "De même, pour 4 types de frites surgelées, les clients peuvent acheter un maximum de 4 sacs.
Le fait que les prix des produits de base baissent à nouveau n'a pas échappé non plus à Els Breugelmans, experte en commerce de détail et professeur de marketing à la KU Leuven. "Les produits de base tels que la farine et le sucre doivent uniquement être emballés, ce qui n'entraîne pas de coûts de production élevés. Comme le prix des céréales a de nouveau baissé sur le marché, on constate également un effet immédiat sur les prix.
"Le marché des denrées alimentaires semble se rétablir, mais cela ne signifie pas que nous allons déjà le voir immédiatement dans les prix d'autres denrées alimentaires", tempère Els Breugelmans. "D'autres facteurs de coût entrent en jeu. Les coûts énergétiques, les coûts salariaux et la combinaison de différentes matières premières signifient qu'il n'y aura pas de redressement immédiat des prix des denrées alimentaires."
Rude concurrence ou choix judicieux ?
Colruyt travaille avec ses propres fournisseurs pour ses propres marques, de sorte que, pendant toute une année, ces produits ne sont pas soumis à des prix convenus avec d'autres fournisseurs. "S'ils veulent conserver leur philosophie d'être les moins chers, ils doivent baisser les prix. C'est la dure réalité, mais d'un autre côté, cela rétablit leur 'garantie du prix le plus bas'", nuance Els Breugelmans.
L'étude de Mme Breugelmans montre qu'une telle limite d'achat déclenche une réaction des consommateurs. "Les limites d'achat introduites à l'époque du Covid ont incité les consommateurs à se rendre plus rapidement dans les magasins. Non pas pour acheter soudain 10 paquets d’un produit, mais pour acheter un paquet de sucre juste pour être certain d’en avoir même sans en avoir vraiment besoin, en se disant qu'il va peut-être disparaître des rayons".
La limite d'achat que Colruyt est en train de mettre en place pourrait avoir un effet similaire, estime Els Breugelmans. "Désormais, les gens sont également incités à acheter un paquet de farine supplémentaire sans en avoir vraiment besoin. Non pas parce qu'ils pensent qu'elle disparaîtra bientôt des rayons, mais parce que la promotion leur rappelle le prix bas. Ils sont plus enclins à se rendre en masse au magasin de peur que les prix n'augmentent à nouveau. Je pense que les clients devraient y réfléchir à deux fois".
Exploitants de magasin de nuit ou de superette
La société Colruyt elle-même affirme qu'elle ne fixe pas cette limite d'achat pour ses clients réguliers. "Nous le faisons surtout pour les exploitants de night shops et de superettes. Ils remarquent également que les prix sont extrêmement bas et veulent en profiter pour faire des affaires en achetant de grandes quantités. Chez nous, les rayons risquent alors d'être temporairement vides. Nous voulons éviter cela", explique Eva Biltereyst. Cette situation est loin d'être nouvelle.
Le professeur de marketing Breugelmans reconnaît que les revendeurs et les acheteurs surveillent de très près les prix. "Ils suivent toujours très attentivement les promotions, car elles ont un impact important sur le prix dans leur magasin. Ils achètent déjà certains produits chez Colruyt parce qu'ils ne peuvent pas être aussi bon marché chez leurs autres fournisseurs. Cela ne fait aucun doute qu'ils continueront à le faire".
