Alors que le printemps avance, les producteurs de fruits de la région de Hesbaye sont sur leurs gardes face à la punaise diabolique (Halyomorpha halys), dont le premier exemplaire en Belgique avait été découvert il y a 6 ans à Saint-Nicolas, en Flandre orientale. Cet insecte originaire d'Asie représente en effet une nouvelle menace pour l'arboriculture fruitière et ne peut pour l'instant pas être chassé à l'aide de pesticides chimiques. Entretemps, il se répand dans le Limbourg et en Flandre orientale.
La punaise asiatique se répand en Belgique et menace la production de fruits
Les premiers spécimens de cette punaise ont été observés sur le sol européen dans le courant des années 2000, en Suisse. Depuis, cette espèce invasive s'est dispersée sur le continent. En Italie, elle est devenue un ravageur de cultures majeur en moins de quatre ans et a notamment occasionné 350 millions d'euros de dégâts pour les fruiticulteurs italiens en 2018.
La punaise diabolique a été observée pour la première fois en Belgique en 2017, où elle devient aussi une espèce dangereuse pour les agriculteurs. Celle qu'on nomme également punaise marbrée peut se rencontrer tant à la ville qu'à la campagne. Elle se nourrit de la sève d'au moins 170 plantes différentes, dont des végétaux fruitiers et légumiers ainsi que des plantes ornementales, ce qui résulte en des fruits difformes, parsemés de taches et de creux.
Les punaises marbrées ont pour habitude, vers le mois de septembre, de se réunir en masse dans et autour des bâtiments afin de passer l'hiver. À l'heure actuelle, il est très difficile de combattre la punaise asiatique avec des pesticides, même considérés comme respectueux de l'environnement. Dans la culture de poires, par exemple, les maraîchers font tout pour préserver les prédateurs naturels, tout aussi vulnérables aux insecticides.
L'Italie expérimente actuellement avec des frelons asiatiques pour chasser les punaises nuisibles, en contrôlant leur population avec des agents biologiques. "Il est urgent de trouver un moyen biologique de combattre cette punaise", soulignait aussi Dany Bylemans du Centre expérimental de culture fruitière au micro de Radio 2.
Régions menacées
Rien que l’an dernier, 523 exemplaires de punaises asiatiques ont été recensés en Belgique, soit plus du double par rapport à 2021. Les chercheurs du Centre expérimental de culture fruitière ont aussi exterminé des punaises dans 23 vergers, dont 18 se trouvaient en Flandre et cinq en Wallonie. "Nous tentons de gérer ainsi le nombre d’exemplaires, mais il ne s’agit là que du sommet de l’iceberg", estime Dany Bylemans.
Selon lui, la situation en Belgique pourrait à terme égaler celle en Italie. "Ce n’est qu’une question de temps. Avec le réchauffement climatique, la punaise asiatique va certainement rester dans nos régions". Et c’est avant tout la province du Limbourg, très active dans l’arboriculture fruitière, qui est menacée par l’avancée de la punaise asiatique. L’an dernier, 160 observations de cet insecte y ont été effectuées, contre 18 l’année précédente. En Flandre orientale, le nombre d’observations est passé de 32 à 68 entre 2021 et 2022.
Dans le Pays de Waas également, la punaise pourrait faire beaucoup de dégâts, notamment dans les cultures de poires. "C’est en plus la source de nourriture préférée des punaises. Elles font de gros trous dans les fruits, si bien qu’il faut jeter des kilos de poires", précisait Bylemans. Actuellement, ces insectes sont combattus avec des produits chimiques ou des filets. "Mais ce sont des moyens qui peuvent nuire à d’autres espèces et qui ne sont pas efficaces quand la punaise se répand sur une grande superficie. Nous devons d’urgence trouver un moyen biologique de la combattre", indique Dany Bylemans.
Les punaises asiatiques qui sont observées peuvent être prises en photo (le ventre et le dos) et signalées au Centre expérimental de culture fruitière. Il peut aussi être utile de conserver l’exemplaire trouvé.
