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Charles Michel sous le feu des critiques pour ses nombreux déplacements, coûteux et polluants

Le week-end dernier, le journal français Le Monde publiait un article critiquant le président du Conseil européen pour ses "nombreux voyages coûteux et polluants". Auparavant, des questions avaient également été soulevées quant à ses qualités de dirigeant. "Personne n'envisage de le démettre de ses fonctions, mais les critiques à l'encontre de Charles Michel se font de plus en plus insistantes", a déclaré, ce mercredi, la journaliste Barbara Moens, de Politico.eu, dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1.

Eric Steffens
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"Les critiques à l'encontre de Charles Michel ne datent pas d'hier", explique la journaliste Barbara Moens, qui a déjà écrit une analyse pour Politico.eu, à la fin du mois de mars, sur la façon dont, selon elle, "le président du Conseil européen aurait perdu le nord".

"Comme toujours, les premières rumeurs provenaient de l'intérieur, mais les avis critiques se font de plus en plus entendre : non seulement de la part des diplomates à Bruxelles, mais aussi de diverses capitales européennes", a déclaré Barabara Moens dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Des jets privés coûteux

Charles Michel se concentrerait trop sur ses fonctions diplomatiques internationales et se rendrait trop souvent à l'étranger, selon ses détracteurs. La manière dont il le fait est également remise en question : par exemple, il prendrait trop de vols privés coûteux.

Le Monde parle d'une "explosion des frais de voyage". Les dépenses liées aux déplacements du dirigeant européen sont très supérieures à celles de ses prédécesseurs. Elles s’expliquent notamment par un recours fréquent aux avions privés, y compris pour de courts trajets. Pour l'année prochaine, le budget total du président du Conseil s'élève à 2,6 millions d'euros. Cela représente une augmentation de 27,5 % par rapport à cette année. Charles Michel et son équipe dépenseraient quatre fois plus en frais de voyages que son prédécesseur Donald Tusk.

"Nous avons également demandé ces données parce que nous avions reçu des infos sur la façon dont il voyage", explique encore Barbara Moens. "Des vols privés coûteux, des hôtels de luxe : bien sûr, cela fait partie du travail d'une certaine manière, mais avec Charles Michel, cela va un peu trop loin.

Une description vague de ce qu'englobe sa fonction

Barbara Moens souligne que le poste de président du Conseil européen est un poste vaguement défini et que les quelques personnes qui l'ont occupé (Herman Van Rompuy, Donald Tusk et maintenant Charles Michel, ndlr) l'ont rempli chacune à leur manière.

"Charles Michel met délibérément plus l'accent sur la diplomatie internationale que ses prédécesseurs, ce qui est bien sûr lié à la guerre en Ukraine", ajoute Barbara Moens. "Il considère qu'il s'agit d'une tâche essentielle de son poste, mais beaucoup d'États membres ont de plus en plus de mal à l’accepter.

Avec ces critiques, nous devons bien sûr prendre en compte le fait que les États membres européens ont également leur propre agenda. De grands pays, comme la France ou l'Allemagne, par exemple, préfèrent entamer eux-mêmes des discussions diplomatiques avec l'Ukraine ou la Chine, plutôt que de laisser cette tâche à l'Europe.

Michel n'accorderait pas assez d'attention à sa tâche principale en tant que président du Conseil européen : la préparation et la conduite des réunions.

Barbara Moens note qu'il existe un deuxième point de critique majeur autour de la figure de Charles Michel : "En raison de ses déplacements excessifs et de l'attention qu'il porte à la diplomatie internationale, on dit qu'il n'accorderait pas assez d'attention à sa tâche principale en tant que président du Conseil européen : la préparation et la conduite des réunions du Conseil européen".

Atteinte à sa réputation

Les vols fréquents en jets privés sont non seulement préjudiciables au budget européen, mais sont aussi très polluants. Un sujet qui tient à cœur aux Verts et aux socialistes. Ces derniers ne manqueront pas de mettre Charles Michel sur la sellette.

L’écologie est un sujet très sensible en Europe, ajoute Barbara Moens, mais elle ne pense pas que Charles Michel doive craindre de perdre son poste. "Son mandat se termine dans un an et n'est pas renouvelable : personne n'envisage de le démettre de ses fonctions pour le moment", a-t-elle déclaré.

"Mais ce qui se passe actuellement porte atteinte à sa réputation et aura certainement un impact sur le poste qu'il souhaitera occuper par la suite. Nous ne savons pas encore de quel poste il s'agit.

Charles Michel a entamé son premier mandat le 1er décembre 2019. Le 24 mars 2022, il a été réélu président pour un second mandat de deux ans et demi.

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